Les lauréats de l’École nationale des agents sanitaires et sociaux (ENASS) et des Écoles provinciales de santé et des affaires sociales (EPSAS) d’Abéché, Biltine, Moundou et Sarh dénoncent des incohérences dans les processus de recrutement à la Fonction publique et réclament leur intégration.
Lors d’un point de presse, les représentants des lauréats ont salué l’annonce du Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, portant sur le recrutement de 500 paramédicaux ainsi que l’intégration de 226 agents arrivés en fin de contrat avec les partenaires.
Pour eux, cette décision constitue une avancée importante pour le système de santé tchadien, confronté à un déficit en personnel paramédical qualifié. « De nombreux centres de santé de base et hôpitaux de district peinent à assurer convenablement les soins de première nécessité », soulignent-ils. Cette situation entraîne également une forte charge de travail pour le personnel en poste et affecte la qualité de la prise en charge des patients, notamment dans les zones rurales. Malgré cette annonce, les lauréats de l’ENASS et des EPSAS s’inquiètent de leur situation. Ils rappellent avoir suivi une formation de trois ans, comprenant des stages pratiques et un examen de certification, afin de répondre aux besoins en ressources humaines du système sanitaire national.
Ils indiquent également avoir participé à un concours régulier organisé par le ministère de la Santé publique et de la Prévention, en collaboration avec le ministère de la Fonction publique et de la Concertation sociale, ainsi qu’avec le ministère chargé des Finances et du Budget. Selon les lauréats, ces formations ont été assurées dans des établissements publics créés par l’État pour former des professionnels destinés à intégrer les services publics de santé. Ils estiment donc que leur non-intégration constitue une situation difficilement compréhensible au regard des besoins actuels du secteur.
Les représentants des lauréats déplorent par ailleurs ce qu’ils considèrent comme une perte de crédibilité progressive de l’ENASS et des EPSAS. Ces établissements, soutenus par l’État et ses partenaires, ont pour vocation de contribuer à la formation de personnels qualifiés pour répondre aux besoins du système de santé. Ils appellent ainsi les autorités compétentes à prendre en compte leur situation dans les prochains recrutements et à clarifier les critères d’intégration à la Fonction publique.
Pour ces jeunes professionnels de santé, l’intégration ne représente pas seulement une opportunité d’emploi. Elle constitue également, selon eux, une réponse au déficit de personnel auquel sont confrontées plusieurs structures sanitaires du pays.
Soliri Charlotte

