La coordination de l’aide humanitaire va évoluer au Tchad à partir de 2027. Le Gouvernement, les Nations unies et les organisations humanitaires ont signé un accord visant à revoir le fonctionnement du dispositif, avec une plus grande responsabilité accordée aux institutions nationales.
Cette réforme doit permettre de mieux prendre en compte les réalités du terrain et les besoins des populations. Pour le représentant des ONG nationales, Tomte Djimasra Eric, elle constitue « une opportunité d’assurer un meilleur lien entre les réponses d’urgence de court terme et les politiques publiques de développement structurel ».
L’objectif est également de mieux coordonner les interventions et d’adapter la réponse humanitaire aux besoins spécifiques de chaque zone, tout en maintenant les principes qui encadrent l’action humanitaire. « Cela signifie maintenir un financement humanitaire à la hauteur des besoins, mais aussi mobiliser davantage de ressources de développement pour renforcer les systèmes nationaux, les services sociaux et les communautés qui accueillent les populations », explique François Batalingaya, coordinateur humanitaire au Tchad.
La transition devra s’effectuer sans interruption de l’aide aux populations. Elle débutera en janvier 2027, avec l’élaboration d’une feuille de route pour chaque secteur, en collaboration avec les services de l’État. La ministre de l’Action sociale, Zara Mahamat, assure que cette transition sera progressive : « Le gouvernement ne souhaite ni rupture dans la réponse humanitaire, ni transfert précipité de responsabilité. À partir de janvier 2027, la transition sera engagée progressivement sur une période de 12 à 24 mois, selon la maturité et la spécificité de chaque secteur. »

Le nouveau dispositif devrait ainsi renforcer le rôle des acteurs nationaux dans la coordination de l’aide, tout en maintenant le partenariat avec les Nations unies, les ONG et les bailleurs de fonds. Sa mise en œuvre à partir de 2027 devra permettre d’évaluer sa capacité à améliorer la coordination et à mieux répondre aux besoins des populations.
Mahamat Haroun

