• 11 septembre 2026
  • N'Djamena

Pala : les nouvelles mesures céréalières suscitent la controverse

Pala : les nouvelles mesures céréalières suscitent la controverse

Le Gouvernement tchadien a pris, le 9 septembre 2026, deux mesures concernant le secteur agricole : l’interdiction d’exporter plusieurs céréales, graines et produits dérivés, notamment le mil, le maïs, le riz, le sorgho et le blé, tandis que certains produits alimentaires, intrants et équipements agricoles sont exonérés de droits et taxes à l’importation. L’exportation du sésame, de l’arachide et de la fibre de coton reste autorisée, tandis que toute autre dérogation nécessite une autorisation des services compétents.

À Pala, dans la province du Mayo-Kebbi Ouest, ces décisions suscitent des réactions différentes. Certains habitants estiment qu’elles peuvent contribuer à préserver la disponibilité des produits alimentaires dans un contexte marqué par une pluviométrie insuffisante. « Je crois que ces deux mesures sont salutaires parce que le gouvernement est soucieux de sa population. C’est pour cette raison qu’il a pris ces mesures et je crois que ça va dans l’intérêt de la population. Nous voyons que, ces derniers temps, le climat a changé et que la famine est aussi présente. Cette mesure pourra donc éviter la famine », estime Frida Gounkagou, citoyenne.

Du côté des producteurs, la mesure d’interdiction d’exporter suscite davantage de réserves. Djétadé Laurent, cultivateur, estime que les décisions ne répondent pas suffisamment aux préoccupations des agriculteurs. « Les mesures prises sont dans le propre intérêt du gouvernement, pas dans l’intérêt de ces petits agriculteurs que nous sommes. Tout ce qui va dans le bénéfice des agriculteurs, le gouvernement ne l’a jamais accepté. Le moment où nous, agriculteurs, devons exporter nos produits pour gagner des bénéfices, c’est là que le gouvernement interdit. Nous avons perdu plusieurs de nos sacs de céréales l’année dernière. Maintenant qu’il y a moins de pluviométrie, on vient nous parler de sécheresse. Ces décisions sont bonnes pour le gouvernement, mais mauvaises pour les agriculteurs », déplore-t-il.

Les commerçants, eux, accueillent favorablement les mesures d’exonération. Mahamat Djibrine estime qu’elles peuvent contribuer à faciliter l’accès aux produits de première nécessité.« Ce sont des mesures souhaitées par la population. L’exonération des produits alimentaires et de première nécessité est une bonne chose, parce que nous avons un problème de pluviométrie cette année. Partout, il ne pleut pas. C’est ce qui est à l’origine de ce problème. Nous accueillons favorablement ces mesures », affirme-t-il.

À travers ces deux décisions, les autorités entendent agir à la fois sur la disponibilité des produits sur le marché national et sur les conditions d’importation de certains produits, équipements et intrants nécessaires à la production agricole.

Rédaction