Dans le 7ᵉ arrondissement de N’Djamena, les quartiers Ambatta, Sigueté et Kuiliti vivent déjà dans l’angoisse à l’approche de la saison des pluies. Ici, le décor est sans équivoque : routes dégradées, absence de caniveaux, terrains laissés à découvert. Autant de signes qui annoncent, une fois de plus, les difficultés à venir.

Loin d’être attendue, la pluie est redoutée. Car dès les premières averses, le quotidien bascule. Les rues disparaissent sous des eaux stagnantes, rendant les déplacements presque impossibles. Sortir du quartier devient un véritable parcours du combattant, exposant les habitants à de nombreux dangers.« Chaque année, c’est la même chose. Quand il pleut, on ne dort même pas tranquille. L’eau peut entrer dans la maison à tout moment », témoigne Koundja Constant Madjou, habitant de Kuiliti.
Dans les situations les plus extrêmes, certains n’ont d’autre choix que d’utiliser des pirogues pour se déplacer. Une réalité qui illustre l’ampleur du manque d’infrastructures« Nous sommes obligés de nous déplacer en pirogue, et malgré cela, nos trajets restent très compliqués », confie Nderabé Fabrice.
Pour les jeunes, ces conditions ont aussi un impact direct sur leurs activités. Koumla Garba, footballeur, voit chaque année ses entraînements perturbés. « Pendant cette période, il est presque impossible d’aller au terrain. Quand il pleut, je suis obligé de rester à la maison », explique-t-il.
Pendant ce temps, dans d’autres zones de la capitale, des travaux de réaménagement sont en cours pour prévenir les inondations. Une initiative saluée, mais qui laisse un goût amer aux habitants des quartiers périphériques, toujours confrontés aux mêmes difficultés.
Une question revient alors avec insistance : jusqu’à quand ces populations devront-elles faire face seules à ces épreuves ? Car au-delà de l’urgence, le problème pose celui de la planification urbaine. Aménager les espaces avant l’installation des populations, c’est le principe même d’une urbanisation maîtrisée. Une approche qui, pour l’instant, tarde à se concrétiser dans ces quartiers où, à chaque saison des pluies, le combat recommence.
SOLIRI CHARLOTTE

