Au marché central de Moundou, les cris des vendeurs de poules, coqs, pintades et canards rythment le quotidien. Derrière les cages et les balances se cache une réalité sociale : de nombreux jeunes survivent grâce au commerce des volailles. Pères de famille, étudiants et même élèves y trouvent une source de revenus indispensable. Pour beaucoup, cette activité permet de nourrir leurs proches, de payer la scolarité des enfants ou encore de financer leurs études.

Djebardé Gilbert, vendeur et père de famille, explique :
« L’augmentation du prix des volailles dépend de nos fournisseurs. S’ils s’en procurent facilement dans les marchés hebdomadaires, ils nous les vendent à un prix raisonnable. Au cas contraire, ils augmentent le prix. Certains clients pensent que nous sommes chers alors que les prix varient selon les périodes. »
Malgré les incompréhensions, les commerçants poursuivent leurs efforts.
« Je peux témoigner que depuis mon enfance jusqu’à mon mariage, je ne vis que de ce commerce. C’est notre quotidien. A l’approche des fêtes, les prix peuvent grimper jusqu’à 4000 à 6000 FCFA par tête. En ce moment, le prix a baissé considérablement. Avec 1 250 ou 1 500 francs CFA, on peut acheter une poule ou un coq », ajoute-t-il.
Même constat chez son collègue Soulaye Rim-hadoumngar :
« Certains clients nous fuient, mais ils n’ont pas compris comment nous fonctionnons. Aucun commerçant ne refuse l’argent lorsqu’il y a un bénéfice. Nous devons nous entraider car c’est le seul argent qui circule entre nos mains. »
Pour mieux s’organiser, ces jeunes ont créé l’Association des vendeurs de volailles. Son président, Noubahadoum Emmanuel, en poste depuis cinq ans, explique :
« Nous encadrons plus de dix jeunes diplômés sans emploi et même des écoliers qui nous rejoignent après les cours. Cette activité permet aux pères de famille de nourrir leurs enfants et de les inscrire à l’école. »
Il poursuit : « C’est un commerce à bénéfice modeste. Nous dépassons rarement 250 francs CFA par tête. Pourtant, beaucoup nous négligent, oubliant qu’ils ont besoin de nous pour leurs repas. »
Dans un contexte marqué par le manque d’opportunités économiques, le commerce des volailles apparaît ainsi comme une activité essentielle, portée par une jeunesse résiliente en quête d’avenir.

