La ville de Moundou a connu, le 7 avril 2026, une montée de tensions liée à l’attribution controversée de parcelles sur des espaces initialement destinés à l’aménagement de marchés, notamment dans les quartiers Doumbeur 1 (3e arrondissement) et Tayé (6e arrondissement).

À l’origine de cette situation, une demande formulée le 31 août 2021 par le Chef de quartier de Doumbeur 1, Ngardorem Nestor, restée sans suite pendant plusieurs années. Relancée le 13 mars 2026, elle a conduit à une mission de terrain de la voirie municipale, dirigée par le Directeur technique, Béassemda Ndjégollée. Le procès-verbal issu de cette mission concluait que l’aménagement provisoire du site en marché ne présentait « aucun obstacle », sous réserve d’une validation par les instances compétentes, notamment le Conseil municipal.
Dans une correspondance datée du 24 mars, le maire de la ville, Djekaoussem Elon Bondo, avait pourtant appelé à la prudence, en demandant de surseoir à toute initiative avant l’examen du dossier par le Conseil municipal.
Malgré cette instruction, une opération de lotissement a été engagée il y a trois jours à Doumbeur 1. Des parcelles ont été attribuées à des commerçants contre des montants compris entre 10 000 et 100 000 FCFA.
Alerté par cette situation, le Conseil municipal a ordonné la suspension immédiate de l’opération. « La forêt est un patrimoine communal à protéger », a rappelé son porte-parole, Balkas Djimaldé Mbayamtar, faisant référence à un site classé depuis 1955.

Sur le terrain, la colère des acquéreurs est palpable. Plusieurs d’entre eux dénoncent un manque de transparence dans le processus et réclament soit le remboursement des sommes versées, soit la confirmation de leurs attributions. Une situation similaire a également été observée dans le quartier Tayé.
Le Chef de quartier concerné a été interpellé par les services de l’environnement. À ce stade, aucune solution concrète n’a encore été annoncée en faveur des commerçants impliqués.
STEPHANE DINGAORANÉ, Correspondant

