Le marché de Gounou-Gaya enregistre une baisse significative du prix du sel, après plusieurs semaines marquées par des difficultés d’approvisionnement en provenance du Cameroun. Le sac de 18 kg, qui se vendait jusqu’à 12 500 FCFA, se négocie désormais entre 5 500 et 6 000 FCFA selon la qualité, apportant un soulagement notable aux ménages.

Ce retournement de situation fait suite aux perturbations observées aux frontières, qui ont affecté l’approvisionnement en produits de première nécessité. Sur place, les réactions restent mitigées tant du côté des grossistes que des vendeuses au détail.
Après une période de forte tension sur les prix, le sel redevient progressivement accessible. Toutefois, la reprise des activités commerciales demeure timide, et les commerçants préfèrent rester prudents face à l’évolution de la situation.
Pour Djiddo Abdelhakim, commerçant au marché de Gounou-Gaya, cette baisse reste fragile :« La situation est plus profonde. Le département de la Kabbia fait face à un véritable défi routier. Tant que Gounou-Gaya ne sera pas désenclavée, la stabilité des activités commerciales restera incertaine. »
De son côté, Moustapha Doubay Fasim, grossiste de sel et d’autres produits, se dit surpris par la flambée soudaine des prix observée ces dernières semaines : « Le prix du sel a doublé en une semaine, sans préavis des fournisseurs du Nigeria et du Cameroun. Aujourd’hui, même si les prix ont baissé, les causes réelles de cette situation restent floues. Ce sont surtout les consommateurs qui en subissent les conséquences. » Chez les vendeuses au détail, le constat est similaire. Fatimé Am Zara se montre soulagée, tout en restant prudente : « Le sel était très cher. Pour le moment, Dieu merci, mais le marché reste timide. »
Selon Idriss Mahamat Ali, livreur opérant dans les marchés des sept communes de Gounou-Gaya, cette fluctuation des prix serait liée à la crise post-électorale au Cameroun, ayant entraîné la fermeture temporaire des frontières et perturbé les échanges commerciaux entre les pays voisins.
Malgré cette baisse, commerçants et consommateurs restent vigilants. L’enclavement de Gounou-Gaya demeure un facteur structurel qui fragilise durablement les circuits d’approvisionnement. Pour beaucoup, la flambée des prix des produits de première nécessité pourrait à nouveau se reproduire si des solutions durables ne sont pas trouvées.
SOUDERA MALAMDJEGUE, Correspondant

