• 10 septembre 2026
  • N'Djamena

Espace : les États-Unis autorisent le projet de « soleil artificiel » de Reflect Orbital

Espace : les États-Unis autorisent le projet de « soleil artificiel » de Reflect Orbital

La Commission fédérale des communications des États-Unis (FCC) a donné son feu vert à la start-up californienne Reflect Orbital pour déployer Eärendil-1, un satellite expérimental destiné à réfléchir la lumière du Soleil vers la Terre pendant la nuit. Une technologie qui suscite autant d’espoirs commerciaux que d’inquiétudes chez les astronomes et les défenseurs de l’environnement.

La start-up américaine Reflect Orbital a obtenu l’autorisation de la FCC pour déployer Eärendil-1, son premier satellite de démonstration destiné à tester cette technologie. Placé en orbite basse, ce satellite de 142 kilogrammes sera équipé d’une voile réfléchissante déployable de 18 mètres sur 18. Son principe est de s’orienter dans l’espace afin de capter la lumière du Soleil et de la rediriger vers des zones terrestres plongées dans l’obscurité.

Selon le projet présenté par l’entreprise, le satellite pourrait produire au sol un faisceau lumineux couvrant environ cinq kilomètres de diamètre, avec une intensité pouvant atteindre quatre fois celle de la pleine Lune.

Reflect Orbital entend faire de cette technologie un service commercial. L’entreprise envisage notamment de prolonger la production des centrales photovoltaïques après le coucher du soleil, d’éclairer temporairement des chantiers nocturnes ou encore d’apporter un éclairage dans certaines zones touchées par des catastrophes naturelles.

Le projet pourrait également ouvrir la voie à une nouvelle forme de service énergétique depuis l’orbite. Si les premiers essais permettent de démontrer la faisabilité technique du dispositif, la start-up ambitionne de déployer jusqu’à 50 000 miroirs orbitaux à l’horizon 2035.

Les astronomes et écologistes s’inquiètent

Cette perspective ne fait toutefois pas l’unanimité. Plus de 1 800 objections auraient été adressées à la FCC par des astronomes et des associations environnementales. Les opposants au projet redoutent notamment une dégradation du ciel nocturne, des perturbations pour les observatoires astronomiques ainsi que des effets sur les rythmes biologiques de certaines espèces animales.

La question de la réglementation constitue également un point de controverse. La FCC a estimé que la régulation de la lumière réfléchie par le satellite ne relevait pas de ses compétences, permettant ainsi au projet de poursuivre son développement. Eärendil-1 devrait, selon le calendrier annoncé, être lancé avant la fin de l’année à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX. Ce premier démonstrateur permettra de déterminer si le « soleil sur commande » peut réellement passer du concept à une technologie opérationnelle.