Le centre socio-éducatif et de réinsertion sociale de la maison d’arrêt de Madaga, dans la province du Logone Occidental, a reçu hier un lot de matériel didactique composé de cahiers, d’ardoises, de craies et de sacs scolaires. Le don a été remis par l’inspectrice départementale de l’Éducation nationale, du Bilinguisme et de la Promotion civique, Madjibeye Chimène.
Jusqu’ici, le centre souffrait d’un manque criant de fournitures. L’apprentissage y repose largement sur la solidarité. Certains détenus dispensent eux-mêmes des cours à leurs codétenus. « La détention ne saurait constituer un obstacle à l’épanouissement intellectuel », a affirmé Madjibeye Chimène, pour qui l’éducation en milieu carcéral est « une véritable opportunité de reconstruction personnelle » et de préparation à la réinsertion. Elle a également appelé à une gestion rationnelle du matériel et rappelé aux acteurs éducatifs leur responsabilité envers tous les jeunes, y compris ceux qui sont incarcérés.
Du côté de l’administration pénitentiaire, on salue un geste « salutaire ». Le Directeur adjoint de la maison d’arrêt, Damdai Djoub-douna, y voit un appui concret pour redonner aux détenus le goût d’apprendre. « Ces fournitures nous manquaient », a-t-il reconnu, soulignant que l’inspectrice est venue « soulager » l’établissement, quelques jours après la rentrée scolaire.
Les besoins, eux, ne cessent de croître. Le nombre d’apprenants augmente chaque année et les centres d’alphabétisation, répartis en niveaux 0, 1 et 2, réclament depuis longtemps davantage de moyens. Le responsable plaide également pour l’affectation d’agents de l’État qualifiés afin d’encadrer les jeunes détenus.
Au-delà des cahiers et des craies, c’est une chance de reconstruire leur avenir qui se dessine. Dans un contexte où les établissements pénitentiaires du pays peinent à offrir des activités de formation, ce don rappelle que, même derrière les barreaux, le savoir peut ouvrir des portes que l’on croyait closes.
STEPHANE DINGAORANE, Correspondant

