• 22 juillet 2026
  • N'Djamena

Chronique : N’Djamena, quand la route devient une jungle

Chronique : N’Djamena, quand la route devient une jungle

Nids-de-poule, conduite à risque, dépassements dangereux, non-respect du Code de la route, agressivité au volant… À N’Djamena, la circulation est souvent synonyme de stress et d’insécurité. Dans la capitale tchadienne, la route ressemble parfois à une jungle où chacun tente d’arriver à destination, parfois au mépris des règles les plus élémentaires de sécurité.

Pourtant, la route est avant tout un espace partagé. Elle devrait faciliter les déplacements, favoriser les échanges et accompagner le développement de la ville. Mais elle est aussi le théâtre de nombreux accidents, dont certains auraient pu être évités.

Face à cette réalité, l’État tchadien a créé en mai 2017 l’Office national de la sécurité routière (ONASER). Cet établissement est chargé de prévenir les accidents, de collecter et d’analyser les données sur l’insécurité routière, d’identifier les zones à risque, de promouvoir le contrôle technique des véhicules, d’appuyer la régulation du trafic et de sensibiliser les usagers aux bonnes pratiques sur la route.

Près de neuf ans après sa création, l’ONASER demeure encore peu connu d’une partie de la population. Beaucoup d’usagers ignorent ses missions et les actions qu’il mène en matière de prévention. Au-delà de son rôle institutionnel, l’Office fait face à un défi majeur : renforcer sa visibilité et développer une véritable culture de la sécurité routière.

Les chiffres illustrent l’ampleur du phénomène. En 2026, plus de 300 accidents de la circulation, toutes catégories confondues, ont été recensés. Derrière ces statistiques se cachent des blessés, des personnes handicapées à vie, des familles endeuillées et des projets brutalement interrompus.

Au-delà du nombre d’accidents, la véritable question est celle de leurs causes. Excès de vitesse, imprudence, mauvais état de certaines routes, insuffisance de signalisation, non-respect des règles de circulation ou encore défaillances mécaniques : autant de facteurs qui contribuent à l’insécurité routière.

La réponse ne peut pas reposer uniquement sur les pouvoirs publics. Certes, l’État doit poursuivre ses efforts pour améliorer les infrastructures routières, renforcer la signalisation, moderniser les équipements et soutenir les actions de prévention. Mais chaque usager a également sa part de responsabilité.

Aux principaux carrefours de N’Djamena, les policiers assurent quotidiennement la régulation du trafic dans des conditions parfois difficiles. Leur présence contribue à limiter les embouteillages et à prévenir les accidents. Leur action mérite d’être davantage soutenue et accompagnée par le civisme des conducteurs.

La sécurité routière est une responsabilité collective. La route n’est ni un circuit de vitesse ni un espace où chacun impose sa propre règle. Chaque dépassement imprudent, chaque excès de vitesse ou chaque inattention peut avoir des conséquences irréversibles. À l’inverse, respecter le Code de la route, ralentir, rester vigilant et faire preuve de courtoisie, c’est protéger sa vie et celle des autres. Sur la route, le meilleur conducteur n’est pas celui qui arrive le premier, mais celui qui arrive vivant.

Cette chronique a été rédigée par l’équipe de l’émission Intérêt Public.