Après plusieurs jours de vives tensions intercommunautaires à Bitkine, dans la province du Guéra, l’intervention des autorités provinciales a permis la signature d’un accord de conciliation. Malgré un bilan lourd d’un mort, dix blessés et plus de 300 millions de francs CFA de dégâts matériels, les communautés Hadjaraï et Mimi ont officiellement scellé leur réconciliation. En effet, le calme est de retour dans le département d’Abtouyour.
À la suite d’affrontements entre les communautés Hadjaraï et Mimi, une mission de médiation d’urgence a été déployée sur le terrain. Menée par le Délégué général du gouvernement auprès de la province du Guéra, le Général Abdoulaye Ibrahim Siam, cette délégation regroupait le Président du Conseil provincial, Ahmat Sorto Ramadane, les commandants des forces de défense et de sécurité, des responsables administratifs ainsi que des leaders traditionnels, religieux et de la société civile.
Durant plusieurs heures, la mission s’est entretenue séparément avec les représentants de chaque camp afin d’identifier les origines du conflit et d’évaluer l’ampleur des dégâts de manière contradictoire. Le préjudice matériel global est estimé à 309 350 000 FCFA soit 165 750 000 FCFA de pertes pour la communauté Hadjaraï et 143 600 000 FCFA pour la communauté Mimi. Le bilan humain fait état d’un mort du côté Hadjaraï et de dix blessés au total.
Afin de consolider le processus d’apaisement, les autorités ont pris des mesures concrètes d’accompagnement. La famille du défunt a reçu une compensation de 3,6 millions de FCFA (dont 3 millions par chèque et 600 000 FCFA en espèces), tandis que la prise en charge médicale intégrale des blessés a été annoncée. Tour à tour, les responsables provinciaux, le Préfet, le commandant de la Zone défense n°3 et les représentantes des mouvements féminins se sont succédé pour exhorter les habitants au pardon et au retour au vivre-ensemble.
L’initiative s’est formalisée par la signature solennelle d’un procès-verbal de conciliation par les représentants des deux communautés et les médiateurs, suivie de prières interreligieuses. En choisissant la voie de la négociation directe plutôt que l’escalade, Bitkine pose un précédent remarquable dans la gestion des crises locales au Guéra. La durabilité de cette paix reposera désormais sur le respect strict des engagements pris et la réhabilitation progressive du tissu social.

