• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Hassan Abdelkerim Bouyebri : « J’ai décidé de rompre le silence »

Hassan Abdelkerim Bouyebri : « J’ai décidé de rompre le silence »

Après sept années d’affilées de mutisme face à un lynchage médiatique constant et structuré, ainsi qu’à une campagne de diffamation persistante et largement relayée sur les réseaux sociaux, Hassan Abdelkerim Bouyebri, haut cadre de l’administration tchadienne, a décidé , ce lundi 7 juillet 2025, de sortir de sa réserve concernant de graves accusations, lui qui jusque-là s’était tenu au silence par devoir professionnel, éthique et institutionnel.

Dans sa lettre intitulée «Lettre de clarification», il s’adresse à sa famille, à ses amis et à l’opinion nationale pour apporter des éclaircissements sur les accusations redondantes et infondées dont il fait l’objet, principalement de la part d’un individu malveillant nommé Charfadine Galmaye, qu’il qualifie de « détracteur animé par une haine viscérale ». Il affirme, en amont, que ce long silence, souvent source de confusion, était motivé par le respect des institutions: « Jusqu’ici, j’ai gardé un silence absolu par respect aux fonctions que j’occupe dans la première institution de la République, par respect à ma proximité au Maréchal MIDI, source de jalousie constante et par conviction que le silence est aussi une réponse en soi-même. » Selon M. Bouyebri, plus de 75 publications de tous genres (vidéos, articles et commentaires) ont été produites de fil en aiguille et diffusées avec acharnement pour porter atteinte à son image, à sa carrière professionnelle et à son honneur. Plus loin dans cette lettre, il affirme que ces accusations n’ont « jamais été étayées par la moindre preuve tangible » et dénonce aussi une « entreprise de dénigrement personnel » motivée par la jalousie et la manipulation. Hassan Bouyebri, par ailleurs Directeur Général de la Communication à la présidence de la République du Tchad et Président du Conseil d’Administration du groupe média Manara Radio Télévision, répond succinctement aux graves accusations dont il fait l’objet depuis belle lurette.

Accusé de manière répétitive d’être d’origine soudanaise, il apporte dès l’abord,  des clarifications sur ses origines : « Pour ceux ont suivi la comédie de mauvais goût sur mes origines, jouée de manière répétitive par la même personne : sachez que je suis né d’un père et d’une mère de l’Ennedi avec d’origines lointaines toutes enracinées dans l’Ennedi et dans la province du Ouaddaï. J’ai séjourné au Soudan à un moment donné de ma vie comme j’ai séjourné en Belgique et en Arabie saoudite. Ceci est facilement vérifiable par ceux et celles qui connaissent mes origines.»

Affaire de l’imprimerie de l’ATPE : Il rappelle avoir quitté l’agence en 2010, soit deux ans avant l’acquisition de l’imprimerie incriminée en 2012.« Sachez que j’ai quitté l’ATPE en 2010 et l’acquisition de l’imprimerie en question est lancée en 2012. Deux ans après mon départ. Ceci est vérifiable par simple lecture des dates de ma nomination et de mon remplacement à la tête de l’Agence Tchadienne de Presse.»

Accusations liées à l’ONAMA : Il dit avoir jamais occupé un quelconque poste au sein de cette structure, ni en avoir géré les ressources.« Sachez que je n’ai jamais occupé de ma vie le moindre poste à l’ONAMA et je n’ai jamais géré la moindre ressource de cette structure gérée par des mécanismes internes et connus.»

Gestion de MRTV : Il assure que la chaîne fonctionne exclusivement grâce aux financements transparents de la Fondation le Palmier pour la Bienfaisance. «Pour ceux qui semblent se perdre dans la confusion sur les ressources de MRTV, créée et entretenue uniquement pour nuire à MRTV, toujours par la même personne qui cherche désespérément à entraver la montée fulgurante de cette chaine naissante : sachez que MRTV fonctionne grâce à des ressources allouées par La Fondation le Palmier pour la Bienfaisance et sa gestion ne souffre d’aucune opacité.»

Affaire des 5 milliards : En réponse à l’accusation de détournement de fonds, il lance un défi public à son accusateur : « Sachez que je lui demande publiquement de publier ces preuves qu’il prétend détenir, il aura rendu un grand service au peuple tchadien en contribuant à la restitution au trésor public d’une telle somme. C’est aussi simple que ça ! »

Rumeurs sur des liens avec la communauté LGBT : Il rejette fermement ces insinuations, les qualifiant de mensonges grossiers destinés à nuire à sa dignité et à celle de sa famille. « que les personnes choquées avec raison par cette publication intégralement mensongère, soient rassurées que celle-ci n’est qu’une énième et gratuite accusation sans le moindre fondement. Elle est destinée à me passer pour un pervers extrême et à porter atteinte à mon honneur, ma dignité et à ceux de ma famille, par le même individu qui depuis 7 ans, cherche à me salir par tous les moyens dont il dispose, notamment la diffamation par le mensonge. » Autres accusations fantaisistes : Soirées nocturnes, achats de conscience, manipulation d’influenceurs… toutes ces histoires seraient, selon lui, inventées de toutes pièces. Il répond de manière laconique et lapidaire :« Sachez que rien de cela ne s’est jamais produit.»

Enfin, par cette lettre de clarification, Hassan Abdelkerim Bouyebri entend rétablir sa vérité dans sa lettre et son esprit, mettre au défi son détracteur acharné, défendre son honneur et sa famille, rassurer ses amis qui croient injustement aux accusations infondées, et mettre fin à une campagne de diffamation savamment orchestrée, structurée, et, selon lui, étalée sur la longueur de plusieurs années. Si la justice tchadienne venait à être saisie, elle pourrait constituer le prochain chapitre de cette affaire, devenue emblématique des dérives liées à la désinformation à l’ère de la civilisation numérique.

Cheik Souleyman