Au Tchad, environ 63,5 % de la population a accès à l’eau potable, selon le Ministère de l’Eau et de l’Énergie. Un chiffre encourageant en apparence, mais qui masque d’importantes disparités, notamment en milieu rural. À Mairom, un village du canton de Balimba dans la province du Moyen-Chari, l’accès à une eau de qualité demeure un défi quotidien. Entre infrastructures défaillantes et ressources naturelles limitées, les habitants doivent redoubler d’efforts pour subvenir à leurs besoins essentiels.

Située en bordure du fleuve Barh-Koh, cette localité d’environ 600 habitants dépend principalement d’une source naturelle dont la fiabilité s’est fortement dégradée au fil des années.
Il y a cinq ans, l’installation d’une borne-fontaine alimentée par un château d’eau avait suscité de grands espoirs au sein de la communauté. Mais aujourd’hui, cette infrastructure est hors service, replongeant les populations dans une situation de précarité.
Faute d’alternative viable, les habitants se tournent vers le fleuve pour leurs besoins quotidiens, malgré les risques sanitaires, particulièrement en période de faible écoulement.
« La population, ne pouvant pas vivre sans eau, est obligée de se rendre régulièrement au fleuve pour en puiser. Or, le Barh-Koh est un fleuve à écoulement irrégulier. Lorsque l’eau stagne, elle devient une source de maladies hydriques », explique Eliel Djimasbe, chef du village de Mairom.
Dans les concessions, la situation est tout aussi préoccupante. Les femmes, principales responsables de l’approvisionnement en eau, parcourent de longues distances pour atteindre le fleuve et subvenir aux besoins de leurs familles.
« Dans notre village, nous n’avons pas accès à une eau saine pour notre consommation quotidienne. Nous sommes contraints d’utiliser l’eau du fleuve Barh-Koh pour boire, cuisiner, faire la vaisselle et la lessive », témoigne Serata, une habitante.
Face à ces difficultés persistantes, les habitants lancent un appel pressant aux autorités et aux partenaires au développement pour la réhabilitation des infrastructures existantes et la mise en place de solutions durables.
Au-delà des contraintes quotidiennes, l’accès à l’eau potable constitue un enjeu crucial de santé publique, d’hygiène et de développement pour cette communauté rurale.


