Le Congrès du Parlement tchadien a ouvert ce mardi 20 mai, à l’Assemblée nationale, sa session ordinaire dans un contexte marqué par des enjeux sécuritaires majeurs, des réformes institutionnelles et plusieurs hommages aux victimes des récents événements liés à la secte Boko-Haram.
Ouvrant les travaux, le Président de l’Assemblée nationale Ali Kolotou Tchaïmi, a évoqué les attaques attribuées à Boko Haram contre les forces de défense et de sécurité dans la province du Lac. « C’est avec un cœur lourd et une profonde émotion que je prends la parole à l’occasion de l’ouverture de cette session ordinaire du Congrès du Parlement », a-t-il déclaré, rendant hommage aux militaires tombés sur le terrain.
Les parlementaires ont observé une minute de silence en mémoire des victimes, notamment des soldats tués lors des récentes attaques ainsi que de la Députée Haoua Ousman Djame, décédée en mars 2026. Le Président de l’Assemblée a salué une élue qui « incarnait l’engagement, la rigueur et le sens du devoir parlementaire ».
Sur le plan sécuritaire, l’assemblée est appelée à se prononcer sur la prorogation de l’état d’urgence dans la province du Lac. Le gouvernement a sollicité une extension de 45 jours de cette mesure, arrivée à échéance imminente. « Le Congrès examinera cette demande avec le sens de responsabilité qu’impose l’intérêt supérieur de la Nation », a indiqué Ali Kolotou Tchaïmi, rappelant le cadre constitutionnel en vigueur.

Les travaux de la session porteront également sur la révision du règlement intérieur de l’institution afin de l’aligner sur les récentes modifications constitutionnelles. Une réforme jugée nécessaire pour renforcer la cohérence juridique du Parlement. Le Président du Congrès a dénoncé les accusations du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, qu’il a qualifiées de « lecture fallacieuse des événements », tout en réaffirmant le soutien de l’institution aux forces de défense et au chef de l’État, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno.
La séance a également été marquée par la reconnaissance du rayonnement international du Parlement tchadien, à la suite de récentes nominations de ses membres au sein du Parlement panafricain, perçues comme un signe du dynamisme de la diplomatie parlementaire du pays.
Ali Kolotou Tchaïmi a appelé les élus à la responsabilité collective face aux défis sécuritaires et institutionnels, dans un contexte où le Tchad poursuit ses efforts de stabilisation.

