• 24 avril 2026
  • N'Djamena

Sarh : des décès en série et un climat de suspicion mettent le quartier Kamati en ébullition

Sarh : des décès en série et un climat de suspicion mettent le quartier Kamati en ébullition

À Sarh, une vive tension a été observée ce mercredi 25 février 2026 dans le quartier Kamati, situé dans le deuxième arrondissement de la ville. Une partie de la population s’est mobilisée pour demander le départ d’une famille accusée par certains habitants d’être liée à des faits supposés de sorcellerie.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la situation serait liée à une série de décès jugés brusques et répétés de jeunes du quartier ces derniers temps, alimentant rumeurs et suspicions au sein de la communauté.
Le chef du quartier Kamati, Klaingar Mbangra, explique que la colère des habitants s’est amplifiée après un nouveau décès survenu la veille. « Toute la population et les jeunes se sont soulevés pour dénoncer le comportement suspect d’une personne dans le quartier Kamati. Cela s’explique par des décès brusques et répétitifs de jeunes dans le quartier, ce qui a alimenté des rumeurs de sorcellerie », a-t-il indiqué. Selon lui, la situation s’est encore tendue après le décès d’un jeune survenu le mardi 24 février 2026. « La population a indexé un jeune du quartier ainsi que sa famille, notamment parce qu’un membre de cette famille filme souvent des personnes dans les cabarets sans leur consentement. Cela a aggravé la colère de la population », a-t-il précisé.

Face à cette montée de tension, le Chef de quartier affirme avoir saisi les autorités traditionnelles afin d’apaiser la situation. « J’ai été obligé d’amener l’affaire chez le chef de canton urbain, qui a tranché et infligé une amende à la famille. L’affaire était considérée comme close. Mais ce nouveau cas a de nouveau révolté la population, qui réclame encore le départ de la famille », a-t-il expliqué.

Dans ce climat tendu, certains membres de la famille concernée ont quitté le quartier et traversé le fleuve Barh Koh pour rejoindre la localité de Balimba. Quatre autres personnes ont été conduites au commissariat central de Sarh par les forces de l’ordre afin de prévenir tout débordement.

Le Chef de quartier appelle désormais à une intervention des autorités administratives pour éviter une escalade. « Moi, en tant que Chef, je ne fais que relayer la volonté de ma population. C’est pourquoi je demande aux autorités de trancher cette affaire avant que la situation ne dégénère », a-t-il lancé. Pour l’heure, les enquêtes sont en cours et les autorités locales suivent l’évolution de la situation afin de préserver l’ordre public et de prévenir tout acte de justice populaire.