• 28 avril 2026
  • N'Djamena

Moundou : le CEG de Doyon confronté à de graves difficultés infrastructurelles

Moundou : le CEG de Doyon confronté à de graves difficultés infrastructurelles

Créé en 2006 puis officialisé en 2007, le Collège d’Enseignement Général de Doyon, situé en plein centre-ville de Moundou, peine encore à offrir un cadre d’apprentissage digne de ce nom. Chaque année, l’établissement accueille pourtant de nombreux élèves venus des villages environnants. Mais sur place, les difficultés s’accumulent.

Absence de clôture, manque d’eau potable, insuffisance de salles de classe et déficit en tables-bancs : une partie du collège est même installée dans les locaux de l’École normale des instituteurs bilingues. Dans la cour, les élèves partagent l’espace avec des moutons, des camions-bennes et des tricycles qui traversent régulièrement l’enceinte pendant les heures de cours. « Il y a des bennes qui traversent la cour de l’école, des personnes qui viennent déféquer dans les salles de classe parce que la cour n’est pas clôturée. Cela peut provoquer des maladies », déplore Djelassem Bemba Bienvenu, élève en classe de 4e. « Nous écrivons sur nos genoux faute de tables-bancs. Même l’eau, nous devons la chercher chez les étudiants », ajoute-t-il. Même constat chez Kouchakbé Patalet, élève de 3e A : « Les moutons viennent parfois nous déranger pendant les cours, et les passages des bennes perturbent également les enseignements. Il faut que l’État nous vienne en aide », lance-t-elle.

Cette présence permanente des animaux a valu à l’établissement le surnom peu flatteur d’« école des moutons ». La Directrice, Mianadji Justine, exprime également son désarroi : « Mes prédécesseurs ont déjà beaucoup lutté pour le C.E.G de Doyon, mais rien n’a véritablement changé. Une entreprise avait commencé les travaux de clôture, mais ils ont été suspendus », regrette-t-elle. Elle évoque par ailleurs les risques sécuritaires : « Un jour, un véhicule a même percuté un élève. Je lance un cri de cœur aux autorités locales et au Président de la République pour qu’ils nous viennent en aide ».

Les défis restent nombreux et appellent l’engagement de tous pour la refondation de l’école tchadienne. En attendant, les élèves poursuivent leur année scolaire dans l’espoir d’un changement rapide.

Dingaorané Stephane, Correspondant