• 29 juin 2026
  • N'Djamena

Moundou : des jeunes misent sur le commerce de chaussures de friperie pour gagner leur vie

Moundou : des jeunes misent sur le commerce de chaussures de friperie pour gagner leur vie

Ce dimanche matin, les allées du grand marché de Moundou semblent assoupies. Mais au détour des étals, une poignée de jeunes hommes s’affairent en silence : ils nettoient, raccommodent et exposent des chaussures de seconde main, transformant chaque paire en une opportunité de subsistance. Pères de famille, orphelins, élèves, étudiants ou diplômés sans emploi, ils incarnent, à leur manière, une résilience silencieuse.

Guelnodji Augustin a une vingtaine d’années. Après l’obtention du baccalauréat, il a dû abandonner ses études faute de moyens. Depuis trois ans, il vit de ce commerce. « Cette activité nous aide à nous habiller, à payer nos loyers. Il y a des hommes mariés parmi nous, et cela leur permet de scolariser leurs enfants », explique-t-il. Ses revenus varient selon les jours : « Il m’arrive de gagner entre 20 000 et 30 000 FCFA par semaine, parfois moins, mais cela ne nous décourage pas. » Il tient aussi à briser un préjugé tenace : beaucoup de passants les assimilent à des oisifs ou à des délinquants. « C’est tout le contraire », assure-t-il.

Nodjidoumdé Isaac, lui, est titulaire d’une licence en biologie et père de famille. Depuis sept ans, il a troqué le rêve d’un emploi salarié contre l’indépendance du commerce informel.« J‘aime le commerce parce qu’il me permet d’être financièrement autonome. Après mes études, malgré mes efforts, je n’ai trouvé aucun emploi »,confie-t-il. Son message aux jeunes est clair : « La vie est faite de choix. J’ai choisi d’être un homme indépendant plutôt qu’une charge pour la société. »

Parmi eux, Maldang Bellet force l’admiration. Manchot de naissance, il refuse que son handicap dicte son destin. Grâce à la vente de chaussures, il soutient sa famille et finance la scolarité de ses cadets. « Je préfère travailler plutôt que tendre la main », dit-il simplement.

Dans ce marché dominical à demi endormi, ces jeunes ne vendent pas seulement des chaussures. Ils offrent, à qui sait regarder, une leçon de dignité, d’ingéniosité et d’espérance.

Dingaorané Stephane, Correspondant