Un drame d’une gravité exceptionnelle s’est produit ce lundi 9 février 2026 au Tribunal de grande instance de Mongo. Un homme accusé de meurtre a été tué par des proches de sa victime, en pleine audience, sous le regard du juge d’instruction.
Les faits remontent à 2023, lors d’une attaque armée contre la caisse communautaire de Bitkine, au cours de laquelle trois individus avaient pris pour cible l’établissement et tué le garde en faction. Les suspects avaient été arrêtés et incarcérés à la maison d’arrêt de Mongo, mais l’un d’eux s’était évadé peu après et avait disparu.
En 2025, lors d’une mutinerie à Bitkine, les forces de défense et de sécurité étaient intervenues pour rétablir l’ordre et avaient saisi plusieurs armes et téléphones portables. La même nuit, le détenu évadé avait refait surface, subtilisé une partie du matériel saisi et pris à nouveau la fuite. Il avait été arrêté quelques jours plus tard et transféré de nouveau à la maison d’arrêt de Mongo.
Entre-temps, la famille du garde assassiné en 2023 avait exigé le paiement de la Dia (prix du sang). Des tentatives de règlement à l’amiable avaient échoué, le principal accusé refusant toute négociation, affirmant ne reconnaître aucune famille.
C’est dans ce contexte tendu que le juge d’instruction avait convoqué l’accusé et les ayants droit de la victime dans son bureau ce lundi 9 février 2026, afin d’examiner la suite du dossier. Selon des sources du pouvoir exécutif, les dispositifs de sécurité à l’entrée du tribunal ont gravement failli, permettant à certains membres de la partie civile d’introduire des armes blanches et à feu à l’intérieur de l’enceinte judiciaire.
Au cours de l’audience, un assaillant a poignardé l’accusé au pied, provoquant une panique générale. Tentant de fuir, ce dernier a été atteint par balle et est décédé sur place, sous les yeux du juge d’instruction. Les auteurs présumés ont tenté de s’échapper, avant d’être interceptés par les forces de sécurité à la sortie du bâtiment. La situation a depuis été maîtrisée.
Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de ce drame, notamment les graves manquements sécuritaires ayant permis l’introduction d’armes dans le bureau du juge.
Cet incident sans précédent constitue un sérieux défi pour le système judiciaire tchadien. Il met en lumière les failles sécuritaires des tribunaux et pose la question de la capacité des institutions à garantir un cadre neutre, sécurisé et serein, indispensable à une justice équitable, loin des cycles de vengeance et de représailles.

