À 36 kilomètres de Moundou, dans le canton Mballa Banyo, l’accès à l’eau potable demeure une préoccupation majeure pour des dizaines de milliers de personnes. Pourtant reconnu comme le canton le plus vaste et le plus peuplé de la province du Logone Occidental, ce territoire centenaire manque cruellement d’infrastructures hydrauliques adéquates.

La situation est alarmante. « Sur les 96 pompes à motricité humaine recensées pour 80 500 habitants répartis dans 115 villages, 36 sont déjà hors service. Les deux châteaux d’eau existants sont également en panne », explique Dasnan Jérôme, natif du canton. Face à cette réalité, la majorité de la population se tourne vers les puits, s’exposant quotidiennement à de sérieux risques sanitaires. Certains de ces puits se tarissent rapidement chaque année. D’autres, non couverts et parfois très profonds, constituent un danger réel, notamment pour les femmes et les jeunes qui peuvent y tomber par imprudence.
« Nous demandons aux autorités supérieures et surtout aux élus locaux de considérer que le besoin prioritaire actuel de la population de Mballa reste l’accès à l’eau potable », insiste Mbaimbadssi François, également natif de la localité.
Le Chef de Canton, Sa Majesté Ndoltolmbayel-Le-Reoumbaye Banyo, déplore lui aussi cette situation : « Notre canton fait partie des tout premiers de la province du Logone Occidental, avec plus d’un siècle d’existence, mais nous sommes confrontés à de graves difficultés d’accès à l’eau potable. » Il souligne une contradiction frappante : « Dans le département du Lac-Wey, seul le canton Mballa Banyo dispose de puits de pétrole, mais regardez comment nous vivons. »

Quelques organisations non gouvernementales ont certes réalisé des forages manuels, mais la plupart sont aujourd’hui en panne. En attendant une solution durable, la population de Mballa Banyo continue de faire face à cette épreuve quotidienne, dans une relative indifférence des décideurs.
DINGAORANE STEPHANE, Correspondant de MRTV

