• 31 octobre 2026
  • N'Djamena

Logone Occidental : après la moisson, le défi de la gestion des récoltes dans les ménages

Logone Occidental : après la moisson, le défi de la gestion des récoltes dans les ménages

Dans le Logone occidental, la saison des récoltes bat son plein. Chaque matin, de nombreuses familles rejoignent les champs. Après cinq à six mois de labeur, les sacs se remplissent de maïs, d’arachides, de sésame, de haricots et de manioc. Mais ces réserves peuvent fondre en quelques semaines. Frais de scolarité, soins de santé, habillement, fêtes de fin d’année : les besoins des ménages sont nombreux. Faute d’organisation, certaines familles épuisent rapidement leurs stocks. D’autres les dilapident, parfois au profit de l’alcool.

À Bélaba, la cultivatrice Mekongone Nathalie voit dans la gestion le cœur du problème. « Il est souvent difficile pour les familles de disposer d’autres sources de revenus en dehors des activités agricoles. Toutefois, une bonne entente entre les parents dans la gestion des récoltes peut permettre de mieux s’en sortir », estime-t-elle. Elle ajoute : « Si chaque membre de la famille souhaite en tirer profit, il est aussi important de penser à l’avenir, notamment en investissant dans de petites activités commerciales. C’est le choix que nous avons fait et cette initiative nous est aujourd’hui d’une grande aide. »

En pleine récolte de maïs, Nekarmbaye Philomène plaide également pour l’entente au sein du ménage. « Dans chaque famille, les besoins sont nombreux, mais il est important de savoir établir des priorités. Lorsque le mari, la femme et même les enfants consacrent leurs ressources à des dépenses non essentielles, chacun peut être tenté de vendre les produits agricoles pour satisfaire ses envies », observe-t-elle. Selon elle, cette pratique est récurrente. « Il arrive également que des hommes vendent les récoltes pour entretenir des relations avec d’autres femmes, sans mesurer les conséquences sur l’équilibre familial. Nous devons changer ces habitudes pour préserver l’avenir de nos enfants », interpelle-t-elle.

Pour Bendiguim Éric, producteur et président de la Coopérative Verbe de Vie, la responsabilité incombe aux chefs de ménage. « Après les récoltes, ils doivent s’asseoir avec la famille pour décider de l’usage des produits : scolarité, frais sanitaires, habillement, nourriture et semences », souligne-t-il. Mais il déplore que « les produits prennent directement la direction du marché sans concertation » et « finissent avant l’arrivée des pluies ».

Dans les campagnes du Logone occidental, la gestion des récoltes reste donc un enjeu majeur. Conserver une partie de la production permet de faire face aux mois à venir et d’éviter la pénurie avant la prochaine saison. Car produire ne suffit pas : encore faut-il savoir gérer ce que l’on récolte.