À Gounou-Gaya, dans le département de la Kabbia, la prochaine rentrée scolaire est placée sous le signe de la promotion du bilinguisme. Mais dans plusieurs établissements, cette ambition se heurte encore au manque d’enseignants de l’État, de salles de classe et d’infrastructures adaptées. Malgré un taux de réussite de 68 % aux examens de l’année scolaire écoulée, les responsables éducatifs alertent sur les difficultés qui persistent dans le département.
Dans la Kabbia, l’Inspection départementale de l’Éducation nationale et de la Promotion civique se félicite des résultats obtenus aux examens de l’année scolaire écoulée, avec un taux de réussite de 68 %. Pour les responsables éducatifs, ces performances témoignent des efforts consentis par les différents acteurs du système éducatif, malgré des conditions de travail difficiles.
À l’approche de la nouvelle rentrée scolaire, plusieurs défis restent toutefois à relever. Le manque d’enseignants titulaires de l’État et l’insuffisance des salles de classe figurent parmi les principales difficultés auxquelles sont confrontés les établissements du département.
Au lycée 3 de Gounou-Gaya, ancien Collège d’enseignement général, les cours se déroulent notamment dans un bâtiment ancien, qui n’a pas encore bénéficié de travaux de réhabilitation. L’établissement fonctionne en grande partie grâce aux enseignants contractuels et dispose de moyens limités pour assurer convenablement les activités pédagogiques.
Pour l’inspecteur départemental de l’Éducation nationale et de la Promotion civique, Gassadi Zarambi Issak, les résultats de l’année écoulée sont encourageants, malgré les difficultés rencontrées. « L’année qui vient de s’écouler est une année satisfaisante, même s’il y a eu des difficultés. Les résultats nous réjouissent et nous tenons à remercier tous ceux qui ont travaillé pour que cette réussite soit possible », souligne-t-il.
En prévision de la prochaine rentrée, l’inspection départementale a engagé des concertations avec les différents acteurs et responsables éducatifs. Mais l’introduction progressive du bilinguisme constitue un défi supplémentaire pour le département. « La rentrée qui commence doit être bilingue et nous avons sérieusement un souci au niveau du département de la Kabbia, où nous avons terminé l’année sans aucun enseignant arabophone », déplore l’inspecteur.

Le financement des enseignants contractuels, autre préoccupation
Face au déficit d’enseignants titulaires, plusieurs établissements ont recours à des enseignants contractuels, dont la rémunération repose notamment sur les contributions des parents d’élèves. Cette situation constitue une source de préoccupation pour l’inspection départementale. Gassadi Zarambi Issak appelle à une meilleure gestion des ressources mobilisées par les associations de parents d’élèves. « Il y a des parents de mauvaise foi. Ce sont les parents qui cotisent pour accompagner les enseignants contractuels. Comme il n’y a pas d’enseignants titulaires, nous travaillons avec les contractuels. Pour qu’ils restent jusqu’à la fin de l’année, il faudrait que leur forfait soit payé », explique-t-il.
Selon lui, des difficultés de gestion de ces fonds peuvent parfois entraîner des conflits, voire des procédures judiciaires, avec pour conséquence l’abandon des élèves par certains enseignants en cours d’année.
Des infrastructures scolaires toujours inachevées
Le déficit d’infrastructures demeure également une préoccupation dans plusieurs établissements de la Kabbia. Certains bâtiments scolaires construits dans le cadre du Projet d’Amélioration des Résultats d’Apprentissage de l’Éducation de Base (PARAEB) restent encore inachevés. Des tables-bancs destinés à ces établissements sont par ailleurs entreposés dans les locaux de l’Inspection départementale, dans l’attente de la reprise des travaux par l’agence chargée de leur mise en œuvre.
À l’approche de la rentrée scolaire, les responsables éducatifs de la Kabbia devront ainsi composer avec ces contraintes, alors que le renforcement du bilinguisme constitue désormais l’une des principales orientations du système éducatif.
Soudera Malamdjegue David, Correspondant

