• 24 avril 2026
  • N'Djamena

Eau potable à Ndjamena : les défis d’une capitale en pleine croissance

Eau potable à Ndjamena : les défis d’une capitale en pleine croissance

L’accès à l’eau potable demeure l’un des défis majeurs auxquels fait face N’Djamena, une ville en constante expansion démographique, aujourd’hui estimée à près de deux millions d’habitants. À mesure que de nouveaux quartiers émergent, souvent en dehors des normes d’urbanisme, la question de la viabilisation des parcelles, pourtant exigée avant toute installation humaine, reste largement ignorée.

Cette urbanisation anarchique, loin d’être un phénomène récent, s’est installée dans la durée, privant de nombreux habitants d’un service essentiel : l’eau potable. Le contraste est saisissant entre cette réalité quotidienne et les discours officiels rappelant régulièrement que « l’eau, c’est la vie ».

Cette situation s’explique en grande partie par un déficit de planification et d’anticipation dans l’accompagnement de la croissance urbaine, notamment en matière d’infrastructures hydrauliques. Face à l’insuffisance du réseau public de distribution, les populations se voient contraintes de recourir à des solutions alternatives pour satisfaire leurs besoins quotidiens en eau.
C’est dans ce contexte que l’on observe la prolifération des puits et forages équipés de pompes à motricité humaine, en particulier dans les quartiers périphériques de la capitale. Toutefois, ces installations présentent de sérieux risques sanitaires lorsqu’elles sont réalisées en dehors des normes techniques établies.

Alertant sur cette situation préoccupante, Pr Soudi Imar Djibrine, Directeur général de CECOQDA, met en garde contre les dangers liés aux forages non réglementaires : « De nombreux puits sont contaminés, notamment parce que les forages ne respectent pas les normes, en particulier la distance réglementaire entre les points d’eau, les latrines et les fosses septiques. Un forage doit être implanté à une distance minimale de 15 mètres afin d’éviter les contaminations. »
Dans ces conditions, il devient difficile de garantir la qualité sanitaire de l’eau consommée par les populations. Les risques de contamination sont bien réels et peuvent entraîner de graves maladies, notamment d’origine microbiologique. Pour y faire face, le Directeur général de CECOQDA recommande des mesures de prévention adaptées :
« Afin de limiter les risques de contamination les plus dangereuses, il est essentiel de prendre des précautions, notamment à travers l’utilisation de systèmes de chloration de l’eau. »
Cette réalité pose également la question de la capacité de la Société Tchadienne des Eaux (STE), pourtant implantée depuis plusieurs décennies, à accompagner efficacement la croissance urbaine et à répondre à un besoin aussi fondamental que l’accès à l’eau potable, non seulement à N’Djamena, mais aussi dans les principales villes du pays.

Aujourd’hui plus que jamais, la problématique de l’eau potable doit occuper une place centrale dans les politiques de planification et de développement urbain au Tchad. Car garantir l’accès à l’eau, c’est préserver la santé publique, assurer la dignité humaine et protéger la vie des populations.