Les sorties inopinées du chef de l’Etat Mahamat Idriss Deby Itno dans les services publics se multiplient mais n’ont de similitudes que les intentions et le déplacement. Quant aux implications de ces visites en termes de conséquences, c’est le principe du cas par cas qui préside les actions du Président de la République en pareille circonstances. Car d’une institution à une autre, les réalités se présentent avec des variances qui donnent une idée de l’ampleur des problèmes.
Les visites inopinées effectuées par le Président de la République sont souvent anxiogènes. Car à la fin, l’illustre visiteur donne un avis aux odeurs de parfum sentencieux pour ses hôtes. Mais celle qui l’a conduit à l’Institut de Recherche en Elevage pour le Développement laisse au contraire les responsables et personnels de l’IRED dans un sourire mêlé aux espoirs.

La coïncidence de cette annonce avec la tenue de la 47éme session des Comité Consultatifs Interafricains du Conseil Africains et Malgache pour l’Enseignement supérieur peut être aussi interprétée comme un clin d’œil salutaire pour les chercheurs tchadiens qui doivent saisir la balle au bond. En tant que techniciens, c’est une opportunité à ne pas manquer. Il leur revient de faire des propositions techniques au Président de la République qui est désormais le premier porteur de cette grande ambition autour de laquelle pourraient se greffer plusieurs opportunités.

Aux chercheurs de se déployer en dépoussiérerant et actualisant des travaux de recherches suspendues faute de moyens. De même, ils pourraient explorer autant que possible, des pistes orientées vers l’expérimentation des essences susceptibles de servir de la matière première dans la fabrication de vaccins pour les animaux. En ce temps de chômage massif, la mise en œuvre de ce projet pourrait créer des emplois directs et indirects. Le surplus de vaccins produits au Tchad, pourrait alimenter les demandes des marchés des pays de la sous-région avec des effets induits économiques considérables pour le Tchad. D’ores et déjà, il faudra surdimensionner les espaces destinés à l’IRED pour les calibrer à la hauteur des ambitions affichées clairement par le Président de la République. Et c’est dans cette perspective que s’inscrivent les 100 hectares recommandés.
Comme en toute chose, les biens usurpés n’ont pas vocation à demeurer éternellement en possession des propriétaires illégaux, c’est à ce niveau que la sentence du Président de la République est sans appel.
« Mieux vaut tard que jamais », diront certains. Mais pour les chercheurs, il s’agit avant tout d’un tournant historique à ne pas manquer.

