Même lorsqu’ils parviennent à trouver de l’eau, il reste difficile pour les paysans de maintenir le cap jusqu’à la saison des pluies. Cette difficulté s’explique notamment par la pénibilité du creusement des puits et par le coût élevé du carburant nécessaire au fonctionnement des motopompes.
Dans cette localité située à l’ouest du Tchad, la SODELAC (Société de Développement du Lac) irrigue déjà plus de 90 000 hectares de terres, grâce aux aménagements appelés polders, qui consistent à assécher artificiellement des bras du lac à l’aide d’un système de vannes. Par ailleurs, depuis 2024, un autre projet financé par la Banque mondiale a été mis en place afin de faciliter l’accès à l’eau grâce à un système d’irrigation solaire.
Cependant, tout ne se passe pas comme prévu. Adam Abderaman témoigne : « Le système d’irrigation solaire initié par le PROLAC (Programme de relance et de développement de la région du Lac Tchad) ne nous permet plus d’avoir accès à une quantité suffisante d’eau pour nos cultures. Les panneaux solaires n’ont jamais fonctionné depuis leur installation. Tout ce que nous demandons, c’est qu’on nous rétablisse notre ancien système d’irrigation ou qu’on nous donne la possibilité d’alterner entre les deux systèmes : solaire et motopompe.»
En outre, le même projet du PROLAC prévoyait également l’aménagement de plusieurs routes d’accès longues de 25 kilomètres, passant par les villages de Mouna, Douboulboul et Ngarangou, avec un financement estimé à près de 11 milliards de francs CFA, comme l’indique le panneau du chantier. Malheureusement, malgré les attentes suscitées, les travaux sont à l’arrêt depuis plusieurs mois, laissant les populations dans l’expectative.

