Sans aucun statut officiel ni formation reconnue, des individus communément appelés « bogo bogo » opèrent en marge de toute légalité dans plusieurs quartiers de N’Djamena. Parfois lourdement armés, ils imposent leur propre loi, multipliant les actes de fraude, d’extorsion et les contrôles arbitraires. En conséquence, leur présence se manifeste par des courses-poursuites, des affrontements violents et, dans certains cas, des échanges de tirs, contribuant ainsi à un climat d’insécurité généralisé.
Face à cette menace, le Directeur général de la douane a récemment ordonné le démantèlement d’un poste de contrôle illégal au niveau du petit pont de Chagoua. Cette opération, saluée par la population, a été suivie d’une autre intervention dirigée par son adjoint au rond-point de Walia. Toutefois, si ces actions traduisent une volonté d’agir, elles peinent néanmoins à enrayer durablement le phénomène. En effet, les « bogo bogo » semblent insaisissables, opérant avec une impunité préoccupante.
Dès lors, une question s’impose : pourquoi ce phénomène perdure-t-il ? Manque de coordination institutionnelle, complicités internes, faiblesse du contrôle hiérarchique ? Autant de causes possibles, qui alimentent un système opaque. Par conséquent, les citoyens oscillent entre espoir et scepticisme, pris entre les discours officiels et la réalité du terrain.

Pour restaurer la confiance, les autorités douanières doivent aller au-delà des actions ponctuelles. En effet, des réformes structurelles s’imposent : une formation rigoureuse des agents, une identification claire et transparente du personnel opérationnel, des mécanismes de contrôle renforcés, et des sanctions exemplaires contre les pratiques déviantes.
Enfin, le combat contre les « bogo bogo » ne saurait se limiter à des opérations spectaculaires à visée médiatique. Il en va de la crédibilité de l’institution douanière, de la sécurité des citoyens, et du respect de l’État de droit. Autrement dit, une douane digne de ce nom ne s’improvise pas : elle se construit, de fil en aiguille, dans la rigueur, la transparence et la responsabilité.
Golbika Monique

