La Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) a exprimé, dans un communiqué publié ce 24 juin 2025, ses vives préoccupations quant au traitement jugé non professionnel de certaines informations à caractère sécuritaire par les médias tchadiens.
Ces derniers jours, les violences survenues dans les provinces du Logone Occidental, du Ouaddaï et du Mayo Kebbi Ouest ont dominé l’actualité. La HAMA affirme avoir constaté que certains médias ont diffusé ou publié des contenus susceptibles « d’envenimer la crise sécuritaire qui a déjà coûté des vies humaines dans plusieurs régions du pays », selon les propos de son secrétaire général, Félicien Alladoum Radingaye. Il déplore notamment la diffusion d’informations stigmatisant certaines communautés, les désignant implicitement comme responsables ou parties prenantes des conflits intercommunautaires en cours.
Face à cette situation, la HAMA appelle les journalistes et responsables des organes de presse à faire preuve de rigueur professionnelle, à respecter les principes d’éthique et de déontologie, et à éviter toute publication de nature à exacerber les tensions.
L’institution de régulation invite également les médias à laisser la justice suivre son cours, rejoignant ainsi la position du procureur de la République, qui, à la suite des tueries survenues à Mandakao, avait interdit tout commentaire public relatif à l’affaire, que ce soit de la part des journalistes ou des organisations de la société civile.
Ce rappel à l’ordre intervient dans un contexte de forte sensibilité sociale et sécuritaire, où la responsabilité des médias dans la préservation de la paix et de la cohésion nationale est plus que jamais engagée.

