La capitale tchadienne a connu une paralysie partielle ce jeudi 19 juin, suite à une grève surprise déclenchée par les conducteurs de minibus et de taxis. De l’avenue Pascal Yoadimnadji à celle du 10-Octobre, en passant par l’avenue Charles-de-Gaulle ou encore le boulevard Maréchal-Idriss-Déby-Itno, les principales artères de la ville sont restées anormalement calmes, avec très peu de circulation.
Une mobilisation contre la hausse du carburant
À l’origine du mouvement : une hausse jugée excessive du prix du carburant.
« Le litre coûte 800 F CFA. Quand on travaille, on ne fait aucun bénéfice. C’est pour cela qu’on a décidé d’arrêter », confie un chauffeur rencontré au marché de Mil. Un autre renchérit : «On parle chacun de son côté, mais individuellement on n’a pas de poids. Cette fois, on s’est unis pour exiger la baisse des prix. On en a assez supporté. »
Dialogue avorté avec le ministère
Alertée par la situation, la ministre des Transports, Mme Goukouni Weddeye, a invité les responsables du Syndicat national des transports en commun urbains, interurbains et provinciaux du Tchad à une rencontre. Une invitation sans suite.
«Nous avons saisi le ministère à deux reprises, sans réponse. Même après le dépôt de notre préavis, la ministre ne nous a pas reçus », déplore un membre du bureau syndical.
Accord de dernière minute et suspension de la grève
Dans l’après-midi, une délégation ministérielle s’est rendue auprès des grévistes pour entamer les négociations. Trente minutes plus tard, un accord a été trouvé. «La grève est suspendue à partir de ce soir. Les chauffeurs reprendront le travail demain, vendredi 20 juin », a annoncé Oumarou Oualkam Ousmane, contrôleur général du syndicat.

Une trêve de 30 jours avec promesse de réforme
Les syndicalistes accordent un délai de 30 jours aux autorités. En contrepartie, le directeur de l’Autorité de régulation du secteur pétrolier aval du Tchad (ARSAT) leur a assuré que le Président de la République a confié un projet d’envergure pour réformer le secteur des transports. « Il s’agira, selon ses propos, d’une grande surprise. Si aucune solution concrète n’est apportée d’ici au 19 juillet, nous relancerons les négociations, voire la grève», a conclu un représentant syndical.
Pour l’heure, les moteurs redémarrent comme à l’accoutumée, mais le compte à rebours est lancé. Le gouvernement dispose de 30 jours pour traduire ses promesses en actes. Passé ce délai, la menace d’un nouveau blocage plane à nouveau sur N’Djamena.

