• 1 novembre 2026
  • N'Djamena

Kabbia : le déficit pluviométrique détruit 75 % des superficies emblavées

Kabbia : le déficit pluviométrique détruit 75 % des superficies emblavées

Dans le département de la Kabbia, la campagne agricole est fortement compromise par l’insuffisance et la mauvaise répartition des pluies. À Gounou-Gaya, les producteurs de riz sont particulièrement touchés. Selon les données de l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER), 13 473 hectares de cultures ont été détruits sur les 17 891 hectares emblavés, soit environ 75 % des superficies. Face à ces pertes, les chefs traditionnels et les responsables agricoles plaident pour le développement de la culture irriguée, afin de soutenir les producteurs et de limiter les effets du déficit pluviométrique.

Les sous-préfectures de Léo-Gounou, Domo et Djarao, où la riziculture constitue l’une des principales activités agricoles, figurent parmi les zones les plus affectées. Les pluies tardives, suivies d’un arrêt précoce des précipitations, ont perturbé le calendrier agricole et compromis une grande partie des cultures. Cette situation suscite de vives inquiétudes au sein des communautés rurales, qui redoutent de lourdes conséquences sur les récoltes et les revenus des ménages.

Le chef de canton de Léo, Adoum Yakouma, décrit une situation particulièrement difficile pour les producteurs, notamment ceux qui dépendent essentiellement de la riziculture. « La situation est critique un peu partout dans la Kabbia. Ce qui est encore plus préoccupant, c’est le cas de ceux qui travaillent essentiellement dans la riziculture. C’est catastrophique : les agriculteurs ne peuvent même pas ramener un petit koro de riz à la maison », déplore-t-il.

Le chef de canton de Gounou-Madéona, Vanmatna, partage ce constat. Il qualifie la campagne agricole de catastrophique pour les populations du département. Il relève également une évolution des pratiques culturales, avec un abandon progressif du sorgho au profit du riz. Pour réduire la dépendance aux précipitations, il préconise le développement des cultures de contre-saison, avec l’accompagnement des autorités, des partenaires et des personnes de bonne volonté.

À Gaya-Centre, le chef de canton Lassanou Pikolossou déplore, lui aussi, la faiblesse des précipitations. Il appelle à la concrétisation des initiatives évoquées lors d’une rencontre avec le préfet pour trouver des réponses durables à cette situation. « Nous déplorons vraiment la situation pluviométrique de cette année, qui est particulièrement médiocre. Notre initiative engagée à la suite de notre rencontre avec le préfet doit connaître une avancée significative pour compenser ce déficit. Seule la culture irriguée, avec l’appui du gouvernement, de ses partenaires techniques et financiers ainsi que des techniciens agricoles, pourrait constituer une solution appropriée », estime-t-il.

Le bilan présenté par le chef de secteur de l’ANADER dans la Kabbia, Reounodji Essaïe, donne la mesure des dégâts. Sur les 17 891 hectares emblavés, 13 473 hectares de cultures ont été détruits. Les zones rizicoles des cantons de Gounou, Gaya-Centre, Léo, Domo et Djarao, sur les sept que compte le département, sont parmi les plus touchées. Le responsable attribue principalement ces pertes à l’insuffisance et à la mauvaise répartition des pluies dans le temps et dans l’espace.

« Dans le département de la Kabbia, les zones les plus touchées sont les zones rizicoles des cantons de Gounou, Gaya-Centre, Léo, Domo et Djarao, sur les sept cantons que compte le département. Cette situation est principalement due à la mauvaise répartition des pluies dans le temps et dans l’espace ainsi qu’au déficit pluviométrique », explique-t-il.

Pour atténuer les effets de cette situation, le responsable de l’ANADER recommande l’utilisation de variétés adaptées aux conditions climatiques, le renforcement de l’encadrement technique et une meilleure organisation des producteurs au sein de coopératives et de groupements. Il estime également que le recours à l’agriculture irriguée pourrait offrir une alternative face à la dépendance aux pluies.

En effet, le département dispose de vastes plaines et de zones rizicoles qui présentent un potentiel pour le développement de la culture de contre-saison. Toutefois, le manque d’intrants et d’équipements agricoles limite encore la mise en valeur de ces espaces. Reounodji Essaïe appelle ainsi à un soutien accru des pouvoirs publics et de leurs partenaires.

« Une grande partie de la Kabbia est constituée de plaines et de zones rizicoles. Jusqu’à présent, nous pratiquons essentiellement une agriculture dépendante des pluies, alors que nous disposons de ressources en eau et d’espaces permettant de développer la culture de contre-saison. Ce qui nous manque, ce sont les intrants et les équipements. Nous lançons donc un appel aux personnes de bonne volonté, au gouvernement et à ses partenaires pour qu’ils appuient les populations en semences certifiées, en engrais minéraux, en produits phytosanitaires, en engins agricoles et en autres matériels. Il est également nécessaire de renforcer les capacités des organisations de producteurs, notamment les coopératives et les groupements, afin de mieux faire face aux effets du changement climatique », insiste-t-il.

Malgré les pertes enregistrées, la Kabbia dispose de potentialités agricoles importantes, notamment des terres cultivables et des ressources en eaux de surface. Pour les acteurs du secteur, le développement de l’irrigation, associé à un accompagnement technique et matériel des producteurs, constitue une piste pour compenser les déficits de récolte et renforcer durablement la sécurité alimentaire dans le département.

Soudera Malamdjegue David, Correspondant