• 27 octobre 2026
  • N'Djamena

Pala : la pénurie de carburant fait flamber les prix

Pala : la pénurie de carburant fait flamber les prix

À Pala, chef-lieu de la province du Mayo-Kebbi Ouest, les stations-service ne distribuent plus de carburant depuis plusieurs jours. Les habitants se rabattent sur les vendeurs informels, où le litre d’essence atteint 1 500 FCFA, contre 800 à 900 FCFA habituellement. Une situation qui renchérit les déplacements et menace de peser sur les activités économiques et les prix des produits sur les marchés.

Depuis plusieurs jours, Pala tourne au ralenti. Dans les stations-service, les pompes restent à l’arrêt. Certaines sont même recouvertes de bâches, signe visible d’une pénurie qui perturbe le quotidien des habitants.

Dans les rues, en revanche, le carburant reste disponible auprès des revendeurs informels, mais à des prix nettement plus élevés. Le litre, qui se vendait habituellement entre 800 et 900 FCFA, atteint désormais 1 500 FCFA, selon les témoignages recueillis.

Les causes de cette pénurie restent difficiles à établir. L’absence d’explications alimente l’incompréhension et l’inquiétude des consommateurs, contraints de payer davantage pour leurs déplacements et leurs activités.

« Aujourd’hui, je viens de payer le litre d’essence à 1 400 FCFA, alors qu’avant-hier, je l’ai payé à 1 500 FCFA. Avant, le litre coûtait 600 ou 650 FCFA. Ensuite, le prix est passé à 750 ou 850 FCFA. Maintenant, nous sommes à 1 400, voire 1 500 FCFA. Alors que je me rends au champ, je constate que le prix de l’essence a doublé », témoigne Samba, un cultivateur.

La hausse affecte également les conducteurs de motos-taxis, appelés localement clandomans, dont l’activité dépend directement du carburant. « Le prix de l’essence n’est pas à notre portée, c’est vraiment cher. Quand nous achetons le carburant à un prix élevé, nous sommes obligés d’augmenter aussi les tarifs pour nos clients, sinon nous ne pouvons pas nous en sortir », explique Adam Payang.

Au-delà de la flambée des prix, certains consommateurs s’interrogent sur la disponibilité réelle du carburant dans les stations-service. « Je me suis rendu compte qu’il y a du carburant à la station, mais ils ne veulent pas nous en vendre sous prétexte qu’il n’y en a pas. Pourtant, on voit des gens sortir avec des bidons de 20 à 25 litres remplis d’essence », affirme Bobe Massing, lui aussi conducteur de moto-taxi.

Les conséquences de cette situation dépassent le seul secteur du transport. Les agriculteurs qui se rendent aux champs, les transporteurs de céréales et les chauffeurs de camions subissent également cette hausse. L’augmentation des coûts de déplacement et d’acheminement des marchandises pourrait, à son tour, se répercuter sur les prix des produits alimentaires.

Face à cette situation, les habitants attendent une réaction de l’Autorité de régulation du secteur pétrolier aval du Tchad (ARSAT). Ils appellent à un réapprovisionnement des stations-service et à un contrôle de la distribution et des prix, afin de soulager les consommateurs et de limiter les répercussions économiques de cette pénurie.

OUMAROU ABBA, Correspondant