À Fada, dans l’Ennedi-Ouest, seulement 22 millimètres de pluie ont été enregistrés depuis le début de la saison, contre 10,8 millimètres à Kalait. Une situation évaluée sur le terrain par la mission gouvernementale dépêchée dans les provinces sahélo-sahariennes afin de recenser les ressources disponibles et les besoins des populations.
Selon le Délégué provincial de la production agricole de Fada, Issa Giuliani Tagamaimi, cette faible pluviométrie risque d’aggraver le déficit hydrique dans les trois départements de la province. « Un déficit hydrique, avec un manque crucial d’eau pour les hommes et les animaux, est à prévoir dans les trois départements, à savoir Kalait, Tarboul et une partie de Fada. Il faut également s’attendre à une faible recharge des nappes phréatiques», explique-t-il.
Les faibles précipitations compromettent déjà les cultures pluviales. Le maraîchage reste l’une des rares activités agricoles maintenues grâce à l’irrigation. Mais le coût du carburant, qui peut atteindre 1 000 francs CFA le litre, limite les capacités de pompage des producteurs.
La baisse des productions affecte également l’approvisionnement en céréales. L’Ennedi-Ouest dépend principalement du Ouaddaï et du Wadi-Fira pour son ravitaillement, alors que ces deux provinces connaissent elles aussi une diminution de leurs productions agricoles. À Fada, la mission gouvernementale s’est rendue sur plusieurs sites, notamment le marché à bétail, un château d’eau et un jardin communautaire équipé d’un système d’irrigation solaire au goutte-à-goutte. Aménagé avec l’appui de partenaires, ce périmètre agricole fait toutefois face à des difficultés depuis la fin du projet. Plusieurs infrastructures se sont dégradées, des forages sont en panne et une partie du système d’irrigation ne fonctionne plus.
Pour le Ministre de la Production agricole, Kedda Ballah, certaines réparations peuvent être réalisées rapidement, mais des solutions durables doivent également être envisagées. « C’est quelque chose d’urgent qui peut être réparé. Nous sommes dans l’urgence, mais nous devons résoudre le problème à long terme, là où il y a les ressources en eau », a-t-il indiqué.
Le Délégué provincial de la production agricole plaide, pour sa part, pour le déblocage d’un budget d’urgence et l’élaboration d’un calendrier d’intervention pour la province. Il demande également l’aménagement de deux ouadis présentant un potentiel hydrique et agricole, notamment Ouadi Doum et Wey. La mission gouvernementale doit désormais transmettre ces constats et les besoins identifiés dans l’Ennedi-Ouest, où le déficit pluviométrique fait peser des risques sur l’accès à l’eau, les cultures, l’élevage et l’approvisionnement alimentaire.
Mahamat Haroun

