À Amdjarass, dans la province de l’Ennedi-Est, un enseignant vacataire et volontaire continue d’assurer son service, même lorsque certains de ses collègues abandonnent leur poste. Il dit agir avant tout par responsabilité et par vocation : « Je suis à Amdjarass depuis quelques années. Je ne suis pas un enseignant de l’État, mais j’ai pris cette responsabilité. Comme j’ai suivi une formation professionnelle, j’ai embrassé ce métier par passion », explique cet enseignant d’anglais.
Une fonction qu’il exerce malgré des conditions de vie qui, selon lui, restent difficiles et peu adaptées aux efforts consentis : « Le coût de la vie est élevé, le loyer et tout ce que nous voyons au marché pour nourrir la famille coûtent cher. Or, nous n’avons qu’un contrat à durée déterminée. C’est-à-dire qu’après la fin de l’année scolaire, l’association qui nous prend en charge nous laisse à la merci de la nature », déplore-t-il.
À quelques jours de la rentrée scolaire, les affectations se poursuivent à N’Djamena. Dans les bureaux de la Direction des ressources humaines du Ministère de l’Éducation nationale, les dossiers sont examinés, les postes répartis et les enseignants désignés pour rejoindre les établissements à travers le pays.
Dans deux semaines, ils devront prendre le chemin de leurs nouvelles affectations. Une étape administrative qui, sur le terrain, ne garantit toutefois pas toujours une présence effective en classe. Dans les zones reculées, où les conditions de travail sont souvent plus difficiles, certains enseignants restent, tandis que d’autres quittent leur poste. Lorsque ces départs ne sont pas compensés, la charge de travail repose alors sur ceux qui restent.Pour encadrer cette mobilité, les textes fixent une durée de service de trois ans dans les zones difficiles et de quatre ans dans les autres localités.
Mais au-delà des affectations, reste la question de la présence effective au poste. Le Ministère assure renforcer les contrôles et rappelle les sanctions prévues en cas d’abandon de poste : « Les sanctions de premier degré, ce sont d’abord les avertissements. Après, une mesure conservatoire : on suspend le salaire pour contraindre l’agent. On lui donne ensuite un avertissement, un blâme… puis c’est la retenue sur salaire. Et si, pendant une période donnée, la suspension de salaire n’a aucun effet, on passe à la révocation de l’agent de la fonction publique parce qu’il n’assume pas ses fonctions », explique Beadé Goitran, Chef de la division Gestion des emplois et des postes du Ministère de l’Éducation nationale.
Dans quelques jours, les affectations deviendront une réalité sur le terrain. Pour ces enseignants envoyés loin des grands centres urbains, l’enjeu sera alors de rejoindre effectivement leur poste et d’être au rendez-vous de la rentrée, là où leurs élèves les attendent.
Mahamat Haroun

