Le secteur de l’éducation demeure confronté à d’importants besoins humanitaires au Tchad. Selon la revue stratégique des mécanismes de coordination humanitaire, le nombre de personnes dans le besoin est passé de 1,3 million en 2023 à 1,6 million sur la période 2024-2025, soit une augmentation de 23 %. Cette progression s’est toutefois stabilisée depuis.
La réponse humanitaire couvre l’ensemble des zones classées au niveau de sévérité 3 ou plus. Malgré les efforts déployés, la couverture reste limitée à 62 %. Sur les 704 000 personnes ciblées, 436 000 ont effectivement été atteintes. Au total, 23 partenaires opérationnels interviennent actuellement dans le secteur de l’éducation.
Sur le plan financier, le secteur a enregistré une amélioration progressive de son niveau de financement ces dernières années. Celui-ci est passé de 10 % en 2023 à 27 % en 2024, avant d’atteindre 31 % en 2025. Cette hausse demeure cependant insuffisante au regard de l’ampleur des besoins identifiés.
La revue souligne par ailleurs que les mécanismes de coordination humanitaire restent confrontés à plusieurs contraintes, notamment en matière de ressources humaines, de leadership et de financement. Elle relève également le caractère de plus en plus chronique des crises qui affectent le système éducatif tchadien.
Face à cette évolution, le Comité tripartite recommande la désactivation du cluster Éducation et le passage progressif à une coordination assurée par les structures nationales.
La coordination devrait ainsi être transférée à une direction technique du Ministère de l’Éducation, avec un accompagnement continu de l’agence chef de file, l’UNICEF. Toutefois, les mécanismes alternatifs déjà identifiés, notamment le Groupe local des partenaires de l’éducation (GLPE) au niveau national et les Groupes techniques de l’éducation (GTE) dans certaines provinces, devront être renforcés avant de pouvoir assurer pleinement cette fonction.
Cette transition vise à inscrire davantage la coordination du secteur de l’éducation dans les dispositifs nationaux, tout en maintenant un appui technique et institutionnel des partenaires humanitaires.

