• 28 août 2026
  • N'Djamena

Nigeria : les enlèvements ont généré près de 5,8 millions de dollars de rançons en un an

Nigeria : les enlèvements ont généré près de 5,8 millions de dollars de rançons en un an

Près de 5,8 millions de dollars de rançons ont été versés à des ravisseurs au Nigeria entre juillet 2025 et juin 2026, selon une étude de la société de conseil en sécurité SBM Intelligence. Sur la même période, 7 825 personnes ont été enlevées et au moins 1 142 autres tuées.

Le rapport fait état d’une hausse de 66 % du nombre d’enlèvements par rapport à l’année précédente. Les rançons confirmées ont, quant à elles, plus que triplé, atteignant 7,78 milliards de nairas, soit environ 5,79 millions de dollars.

SBM Intelligence souligne toutefois que ces chiffres, établis à partir de rapports médiatiques, d’entretiens et de données accessibles au public, pourraient être largement sous-estimés. De nombreux paiements de rançons n’étant jamais rendus publics, l’ampleur réelle du phénomène serait probablement plus importante.

Selon l’étude, une faction de Boko Haram aurait collecté 90 % des rançons enregistrées dans le nord-est du Nigeria. Le nord-ouest demeure toutefois la région ayant enregistré le plus grand nombre d’incidents d’enlèvement et de victimes. Les ravisseurs ciblent notamment les écoles, les villages et les principaux axes routiers. Parmi eux figurent des groupes armés qualifiés de « bandits », ainsi que des organisations islamistes, qui retiennent leurs victimes pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, dans l’attente du paiement des rançons.

Le secteur de l’éducation reste particulièrement affecté par l’insécurité. En novembre, environ 315 élèves et membres du personnel avaient été enlevés dans une école de Papiri, dans l’État du Niger. Pour SBM Intelligence, les enlèvements dans les établissements scolaires ont repris. L’attaque de Papiri a ravivé une pratique dont les conséquences affectent notamment l’éducation et l’agriculture, tout en fragilisant la confiance de la population envers les autorités.

Cette situation intervient alors que le président Bola Tinubu a ordonné aux forces de sécurité de secourir jusqu’à 600 civils enlevés la semaine précédente dans l’État du Niger. La sécurité devrait figurer parmi les principaux enjeux des prochaines élections nigérianes, prévues en janvier. Arrivé au pouvoir en 2023, Bola Tinubu avait fait de la lutte contre l’insécurité l’une de ses priorités.

La persistance des enlèvements alimente toutefois les critiques sur l’efficacité de la réponse gouvernementale. Pour SBM Intelligence, sans une stratégie coordonnée s’attaquant à la fois à la rentabilité de cette activité criminelle et à ses causes profondes, le Nigeria risque de voir les enlèvements s’installer durablement comme une source de financement pour les groupes armés. Au moment de la publication du rapport, les autorités nigérianes et l’armée n’avaient pas encore réagi à ces conclusions.