Le Tchad dispose désormais d’une structure dédiée à la recherche en intelligence artificielle. Par arrêté N°095/MESRSFP/SEES/SG/CNRD/2026 signé le 3 août 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, Dr Sitack Yombatina, a créé le Laboratoire interdisciplinaire de recherche en intelligence artificielle (LIDIA) au sein du Centre national de recherche pour le développement (CNRD).
Ce laboratoire aura pour mission de conduire des travaux de recherche dans le domaine de l’intelligence artificielle et de proposer des solutions adaptées aux réalités et aux besoins du Tchad.
Le LIDIA devra notamment concevoir, développer et évaluer des systèmes et des algorithmes d’intelligence artificielle pouvant être appliqués à plusieurs secteurs prioritaires. Parmi eux figurent l’agriculture, l’élevage, la santé, la gestion des ressources en eau, les mines, l’énergie, l’éducation, la sécurité alimentaire ou encore le traitement automatique des langues nationales.
Au-delà de la recherche technologique, le laboratoire devra également promouvoir une intelligence artificielle « éthique, responsable et adaptée aux réalités socio-économiques et culturelles tchadiennes », selon les termes de l’arrêté. Il aura aussi pour rôle d’accompagner la formation des étudiants de master et des doctorants à travers la recherche.
Le LIDIA ambitionne également de rassembler les chercheurs tchadiens spécialisés dans ce domaine, de favoriser les collaborations scientifiques et de contribuer à l’élaboration d’un plan national de recherche en intelligence artificielle. Des partenariats pourront être développés avec les universités, les centres de recherche, les établissements d’enseignement supérieur, les institutions internationales et le secteur privé.
Une organisation basée sur des équipes de recherche
Le fonctionnement du laboratoire reposera sur plusieurs structures. Sa direction sera assurée par un responsable élu par les membres officiels du LIDIA pour un mandat de quatre ans renouvelable.
Un conseil de laboratoire réunira les responsables d’équipes de recherche, des représentants des chercheurs, des doctorants ainsi que des partenaires scientifiques. Des équipes thématiques seront également mises en place pour conduire les différents travaux de recherche.
L’arrêté prévoit aussi la création d’un comité scientifique international composé d’au moins dix experts nationaux et étrangers. Cette instance aura pour mission d’évaluer régulièrement les activités scientifiques du laboratoire. Pour mener ses activités, le LIDIA disposera d’une dotation budgétaire inscrite au budget du CNRD, de personnels dédiés, d’infrastructures techniques, notamment des serveurs de calcul et des équipements numériques, ainsi que de ressources issues de contrats de recherche et de partenariats.
Les résultats des travaux du laboratoire pourront être publiés dans des revues scientifiques, présentés lors de conférences internationales ou diffusés sous forme de logiciels libres et de bases de données ouvertes. Avec cette création, le CNRD dispose désormais d’un cadre institutionnel consacré à la recherche en intelligence artificielle, avec pour objectif de développer des connaissances et des outils pouvant répondre aux enjeux scientifiques et socio-économiques du pays.

