Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Dr Guibolo Fanga Mathieu, a défendu les opérations de contrôle des unités de production des denrées alimentaires menées par son département. Lors d’un point de presse, il a assuré que les mesures prises par le Gouvernement sont motivées par des considérations sanitaires et scientifiques, et non par « la pression, les rumeurs ou des intérêts particuliers ».
« La protection des consommateurs et le développement d’une industrie responsable figurent parmi les priorités du Gouvernement », a déclaré le ministre. Selon lui, chaque citoyen « est en droit d’exiger que les produits alimentaires mis à sa disposition soient conformes aux normes garantissant la sécurité sanitaire ».
Le Ministre a rappelé que cette campagne de contrôle, d’abord lancée à N’Djamena avant d’être progressivement étendue au reste du territoire national, vise à assainir le secteur agroalimentaire, à renforcer le respect des normes nationales et internationales et à améliorer la compétitivité de l’industrie tchadienne.
Le cas de l’eau « C’est Bon »
Pour illustrer cette démarche, Dr Guibolo Fanga Mathieu est revenu sur le dossier de l’eau minérale « C’est Bon », qui a suscité de nombreuses réactions. Il a expliqué que les premières analyses réalisées le 14 avril 2026 par le Centre de contrôle de la qualité des denrées alimentaires (CECOQDA) avaient révélé une eau fortement déminéralisée. En application du principe de précaution, le ministère a alors ordonné, le 17 avril 2026, le retrait des produits concernés et la suspension de leur distribution afin de protéger les consommateurs.
Les investigations se sont poursuivies avec la participation du CECOQDA, de l’Agence tchadienne de normalisation (ATNOR), du Laboratoire national des eaux, de la Police sanitaire et d’autres services compétents. Une expertise indépendante a également été sollicitée auprès de l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé (ANSSEAT) du Burkina Faso.
À l’issue de ces différentes expertises, les analyses microbiologiques et physico-chimiques ont conclu à la conformité du produit. Le Laboratoire national des eaux a confirmé, le 19 juin 2026, que cette eau pouvait être commercialisée sous l’appellation « eau pure ». Sur la base de ces résultats et après vérification du retrait des anciens lots, le ministère a autorisé, à compter du 3 juillet 2026, la reprise de la production, de la distribution et de la commercialisation de cette eau.
Le ministre a toutefois insisté sur un point : « Les lots produits entre le 17 avril et le 3 juillet 2026 demeurent strictement interdits de commercialisation et de consommation. » Il a averti que toute tentative de remise sur le marché de ces produits exposera leurs auteurs aux sanctions prévues par la législation en vigueur.
Une méthode fondée sur les expertises
Le ministre a précisé que la même procédure a été appliquée aux autres unités de production concernées par les contrôles. « Nos décisions ne sont dictées ni par la pression, ni par les rumeurs, encore moins par des intérêts. Elles sont guidées exclusivement par les résultats des expertises techniques et scientifiques, dans le respect des lois de la République et de l’intérêt supérieur de la Nation », a-t-il affirmé.
S’adressant aux opérateurs économiques, Dr Guibolo Fanga Mathieu a rappelé que « le ministère du Commerce et de l’Industrie n’est pas un adversaire des entreprises. Il est à la fois leur partenaire et leur régulateur », avec pour mission d’accompagner les entreprises respectueuses des règles tout en protégeant les consommateurs contre les pratiques susceptibles de nuire à leur santé.
Reconnaissant que son département ne dispose pas encore d’un laboratoire propre, le ministre a indiqué que les analyses sont confiées à des organismes nationaux compétents et, lorsque cela est nécessaire, à des laboratoires étrangers indépendants afin de garantir l’impartialité des résultats.
Le Ministre du Commerce, Dr Guibolo Fanga Mathieu a réaffirmé la détermination du Gouvernement à poursuivre les contrôles sur l’ensemble du territoire national. « Notre ambition est de bâtir une industrie tchadienne forte, compétitive et respectueuse des normes. Mais cette ambition ne saurait se construire au détriment de la santé des consommateurs », a-t-il conclu.
Soliri Charlotte

