Un projet d’un montant de 3 millions d’euros, financé par le Royaume des Pays-Bas et mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), est lancé au profit des provinces du Kanem, du Barh-El Ghazal et du Batha. Cet atelier marque le lancement du projet « Renforcement de la stabilisation communautaire dans les provinces du Kanem, du Barh-El Ghazal et du Batha ». D’une durée de deux ans, il vise à répondre aux multiples défis auxquels font face ces zones.
Dans son allocution, la cheffe de mission adjointe de l’OIM au Tchad, Aminta Dicko, a souligné que les défis dans ces provinces sont bien connus, notamment la pression sur les ressources, la fragilité des moyens de subsistance, l’accès limité aux services sociaux de base, les effets du changement climatique et les tensions communautaires.
Face à cette réalité, a-t-elle indiqué, la réponse proposée se veut globale, à travers une approche intégrée agissant simultanément sur les causes profondes de la fragilité. Celle-ci s’articule autour de quatre axes complémentaires : le renforcement des services de base, le développement des opportunités économiques locales, le renforcement de la cohésion sociale et la promotion d’une gouvernance inclusive et participative.
Elle a ajouté que cette nouvelle phase vise à consolider, renforcer, ajuster et surtout inscrire l’action dans la durée. « La stabilisation communautaire ne se décrète pas, elle se construit avec les communautés », a-t-elle affirmé.
Pour le chargé d’affaires Floris Van Eijk, représentant l’Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas au Tchad, les défis structurels auxquels la province du Batha est confrontée demeurent importants.
Il a notamment évoqué l’accès limité aux infrastructures socio-économiques de base, qu’il s’agisse de l’eau, de l’éducation, de la santé ou encore des marchés. Ces contraintes, a-t-il poursuivi, affectent particulièrement les communautés agro-pastorales, dont les équilibres traditionnels sont de plus en plus fragilisés. Elles limitent également les perspectives économiques, notamment pour les jeunes et les femmes.
Le Délégué général du Gouvernement auprès de la province du Batha, Ahmat Goukouni Mourali, a, dans son discours de lancement, mis en avant les difficultés rencontrées par les populations.
Selon lui, la province fait face à de nombreux défis liés à l’accès aux services sociaux de base, à la fragilité des moyens de subsistance, aux effets du changement climatique, ainsi qu’à la pression croissante sur les ressources et les infrastructures communautaires, affectant directement les populations, en particulier les jeunes, les femmes et les groupes les plus vulnérables.
Par ailleurs, Ahmat Goukouni Mourali a rassuré l’ensemble des partenaires quant à l’engagement de l’administration du Batha aux côtés de l’OIM, du bailleur de fonds et des autres acteurs impliqués, afin de relever ensemble les défis du développement. Enfin, il a exprimé sa gratitude au Royaume des Pays-Bas pour son soutien constant, ainsi que pour l’attention accordée à la province du Batha et, plus largement, aux régions du centre du Tchad.
Le projet prévoit la formation de 150 jeunes dans les provinces cibles, la construction ou la réhabilitation d’infrastructures, ainsi que le renforcement des capacités des autorités administratives et des leaders communautaires.

