• 25 avril 2026
  • N'Djamena

Tchad : la relance de Sotel Tchad toujours au point mort malgré un emprunt de 114 milliards de FCFA

Tchad : la relance de Sotel Tchad toujours au point mort malgré un emprunt de 114 milliards de FCFA

En 2020, l’État tchadien a contracté un emprunt de 114 milliards de francs CFA auprès de la Chine pour la relance et la modernisation des technologies. Sur ce montant, 25 milliards de francs CFA étaient destinés à la relance de la téléphonie mobile nationale Sotel Tchad, à travers son offre « Salam ».

Le projet prévoyait notamment l’installation de 200 antennes pour le déploiement du réseau, le redéploiement de plus de 1 200 kilomètres de fibre optique ainsi que la construction d’un data center. Sept ans après, des employés de Sotel Tchad affirment ne pas constater la mise en œuvre effective de ces engagements et expriment leur inquiétude face à la situation de l’entreprise, qu’ils estiment en « lente agonie ».

« L’État s’est endetté à travers le Ministère des Finances pour mobiliser 114 milliards de francs CFA, dont 25 milliards pour les GCM. Ce partenariat avait été défendu au PND, mais aujourd’hui il semble bloqué. Il y a une contradiction », a déclaré Ibrahim Mahamat Ousmane, président du Syndicat national des TIC.

Selon les employés, les difficultés de la société nationale de téléphonie mobile seraient liées à des blocages internes et à un manque de suivi. Ils évoquent l’existence d’un « lobby » qui entretiendrait cette situation. La passivité présumée du ministère de tutelle est également pointée du doigt. « Rien ne fonctionne à Sotel Tchad. Le réseau fixe n’existe plus, Salam non plus. La passerelle internationale pour les communications entrantes et sortantes ne fonctionne pas. La fibre optique, qui devrait constituer l’autoroute de la communication, est inexistante », a ajouté Ibrahim Mahamat Ousmane.

En 2025, la question de la relance de Sotel Tchad a été débattue à l’Assemblée nationale et au Sénat, notamment lors de l’interpellation du Ministre des Télécommunications par les parlementaires. Toutefois, selon les employés, la situation demeure inchangée. Pour eux, seule une intervention au plus haut niveau de l’État pourrait permettre de débloquer le dossier et d’envisager une véritable relance de l’opérateur public.

Mahamat Haroun