• 25 avril 2026
  • N'Djamena

Moundou : Au bord du Logone, des jeunes transforment sable et gravier en avenir

Moundou : Au bord du Logone, des jeunes transforment sable et gravier en avenir

Les berges du Logone sont devenues un vaste chantier à ciel ouvert. Chaque matin, des dizaines de jeunes s’y retrouvent, pelles et seaux à la main, pour extraire sable et gravier destinés aux constructions d’une ville en pleine expansion. Dans un contexte marqué par le chômage et la précarité, cette activité informelle représente pour eux une véritable planche de salut.

L’organisation est bien rodée. Les équipes se répartissent les diverses tâches : extraction, tamisage, chargement. « La plupart des jeunes qui travaillent ici sont des orphelins ou ceux qui n’ont pas de moyens pour s’inscrire à l’école. Nous partons dans l’eau avec des seaux pour chercher du sable ou des graviers pour venir mettre en tas et les clients viennent acheter avec nous. Cet argent nous permet de nourrir nos familles et inscrire nos enfants à l’école », explique Nodjimbadem Alphonse. Le prix varie selon les saisons. En période de crue, le prix augmente et redescend en saison sèche. Il demande aux jeunes qui vadrouillent au quartier de les rejoindre au lieu d’aller commettre des actes illégaux.

Les prix varient selon le type d’engin et le matériau transporté. Une benne de 12 mètres cubes de gravier coûte 150 000 FCFA, contre 45 000 FCFA pour le sable. Pour un pick-up, il faut compter 25 000 FCFA pour le gravier et 12 500 FCFA pour le sable. Quant au tricycle, le chargement revient à 15 000 FCFA pour le gravier et 6 000 FCFA pour le sable. Sur chaque opération, les jeunes manutentionnaires perçoivent chacun une somme d’argent qui varie selon le type d’engin.

Malgré la pénibilité du travail et les longues heures passées sous le soleil, ils assument leur choix. « Nous nous débrouillons. Si un jeune souhaite nous rejoindre, nous ne pouvons pas le refuser », affirme Nétoïdom Sylvain. Si certains s’organisent en groupements, l’activité reste largement individuelle. Au bord du Logone, une jeunesse résiliente façonne ainsi son avenir loin des dérives, portant un message de courage, de dignité et de créativité.

Dingaorané Stephane, Correspondant

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