Dans la ville de Moundou, le chômage des jeunes prend des allures persistantes. Face au manque d’emplois formels, nombreux sont ceux qui, diplômes en poche, se tournent vers des activités génératrices de revenus pour survivre.
Au lever du jour, ils sont déjà installés au grand marché de la ville. La plupart attendent l’arrivée des boutiquiers pour accéder aux premières balles d’« habits friperie » et choisir les meilleurs articles. Chemises, robes, vêtements pour enfants, ceintures, chaussures ou accessoires divers : chacun tente de se faire une place dans un commerce devenu refuge. « Ce qui m’a poussé à venir ici, c’est qu’il n’y a pas d’emploi. Nous cherchons 100 ou 50 francs pour nourrir nos familles, en attendant que l’État crée des opportunités », confie un père de famille, étudiant en deuxième année à l’Université de Moundou. Il appelle les jeunes tentés par l’alcool ou le gain facile à suivre cette voie légale.

Même détermination chez Mbaihadjim Delphin, licencié en anglais de l’Université de Doba. En attente d’intégration, il multiplie les activités : vente d’habits, de crédit téléphonique et de cartes SIM. « Le marché de l’emploi est difficile. Au lieu de compter uniquement sur la fonction publique, mieux vaut entreprendre », estime-t-il.
Nguinambaye Chacelin, également titulaire d’une licence, affirme tirer jusqu’à 10 000 francs CFA de bénéfice par semaine. Pour ces jeunes, l’entrepreneuriat de survie s’impose comme un modèle de résilience et un appel à l’autonomie, incarnant une source d’inspiration et d’espoir pour l’ensemble de la jeunesse tchadienne. Il est important d’encourager ces jeunes qui se donnent corps et âme pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs proches, en attendant d’obtenir un emploi formel.
Dingaorané Stephane, Correspondant

