Ati, chef-lieu de la province du Batha, fait face depuis plusieurs semaines à une pénurie persistante de gaz butane, plongeant de nombreux ménages dans une situation de grande précarité énergétique.
Une tournée effectuée dans plusieurs dépôts de la ville révèle un constat alarmant : la majorité des points de vente sont fermés ou totalement dépourvus de gaz. Là où la bonbonne de 6 kg se vendait auparavant à 3 000 FCFA, les rares périodes de disponibilité ont vu les prix grimper à 5 000, voire 6 000 et jusqu’à 7 500 FCFA, avant de disparaître complètement du marché.
Aujourd’hui, seuls des cylindres vides, exposés dans les dépôts, témoignent d’une activité à l’arrêt. Cette situation contraint les ménages à se tourner vers le bois de chauffe, devenu l’unique alternative pour la cuisson des aliments. Une solution de fortune qui accentue la vulnérabilité des familles, tout en posant de sérieux risques environnementaux.
Si les causes exactes de cette pénurie restent pour l’heure inconnues, ses conséquences dépassent le cadre domestique. Elle est susceptible d’impacter l’économie locale de la province du Batha et, par ricochet, celle du pays, tout en accentuant la pression sur les ressources forestières en raison du recours massif aux fagots de bois.
Face à cette crise, un appel est lancé aux autorités compétentes et aux services en charge de l’énergie afin qu’ils s’impliquent activement pour trouver une solution urgente et durable. À cet effet, de nombreux habitants nourrissent l’espoir de voir les installations de l’Agence de Régulation du Secteur de l’Énergie (ARSET), actuellement en cours à Ati, devenir opérationnelles dans les meilleurs délais afin d’apporter une réponse structurelle à cette pénurie.

