L’année 2025 qui vient de s’achever a été jalonnée par l’organisation de plusieurs festivals culturels, surtout vers le dernier trimestre. À N’Djamena, ces événements ont drainé des foules de tous bords dans les centres culturels et les espaces publics. Présentés comme des cadres d’expression artistique et de valorisation des talents locaux, ils attirent majoritairement les jeunes. Mais sur le terrain, une autre réalité s’impose de plus en plus : la consommation excessive d’alcool, qui détourne ces rencontres de leur vocation première.
Dans plusieurs festivals, les stands de boissons alcoolisées sont parfois plus visibles et plus actifs que les scènes artistiques. Pour de nombreux jeunes, l’événement devient avant tout un lieu pour boire, s’alcooliser et faire la fête sans réel contrôle. Cette situation expose à des comportements à risque : violences, accidents, conflits et problèmes de santé, souvent signalés à la fin des soirées.
L’alcool s’est progressivement invité dans les espaces culturels, y compris lors d’événements fréquentés par des mineurs. L’absence de filtrage à l’entrée, le non-respect de l’âge légal et le manque de réglementation claire favorisent cette dérive. Ce phénomène fragilise les jeunes et ternit l’image même de la culture, réduite à un simple prétexte festif.
Les organisateurs, parfois plus préoccupés par les recettes générées par la vente de boissons, négligent les mesures de prévention. Les centres culturels, quant à eux, manquent souvent de mécanismes de suivi et de sanctions. Cette situation soulève la question de la responsabilité collective dans la protection de la jeunesse.
Pour inverser la tendance, plusieurs actions peuvent être envisagées :
Limiter fortement la vente d’alcool lors des festivals, voire l’interdire pour certains types d’événements ;
Sanctionner les vendeurs en infraction ;
Rééquilibrer l’espace en donnant la priorité aux activités culturelles plutôt qu’aux bars improvisés ;
Intégrer des messages de sensibilisation sur les dangers de l’alcoolisme chez les jeunes ;
Associer les festivals à des panels, ateliers, débats ou formations sur la culture, l’entrepreneuriat et la citoyenneté ;
Encourager des festivals sans alcool, soutenus par les autorités locales et les partenaires culturels.
Les festivals doivent rester des lieux de création, d’apprentissage et de partage. Lutter contre la consommation abusive d’alcool dans ces espaces est devenu un enjeu majeur pour préserver la jeunesse et redonner toute sa noblesse à la culture.
Soliri Charlotte

