L’épidémie de choléra qui sévit depuis le mois de juillet dans les provinces orientales du Tchad montre des signes de ralentissement, selon les dernières données publiées par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA). Malgré cette tendance à la baisse, la situation demeure préoccupante dans plusieurs districts sanitaires encore touchés.
Le premier cas de choléra a été détecté le 13 juillet 2025 dans le camp de réfugiés de Dougui, situé dans le district sanitaire de Chokoyane, dans la province du Ouaddaï. Quelques jours plus tard, le 24 juillet, les analyses de laboratoire confirmaient la présence du Vibrio cholerae O1 Ogawa, l’agent pathogène responsable de la maladie.
Au 19 octobre 2025, le cumul des cas enregistrés dans les provinces du Ouaddaï, du Sila et du Guéra s’élève à 2 773, dont 156 décès, soit un taux de létalité estimé à 5,39 %. Parmi ces décès, 69 ont été enregistrés au sein des communautés, souvent en raison d’un accès tardif ou insuffisant aux soins de santé.
Pour freiner la propagation de la maladie, les autorités sanitaires tchadiennes, en collaboration avec leurs partenaires, ont lancé le 31 août 2025 une vaste campagne de vaccination dans les zones les plus touchées. D’après OCHA, cette opération a permis de réduire significativement la transmission, entraînant une baisse sensible du nombre de nouveaux cas signalés dans plusieurs districts.
Les équipes médicales mobiles poursuivent les activités de surveillance épidémiologique et d’investigation autour des cas suspects, afin de prévenir toute résurgence, notamment dans les zones rurales où l’accès à l’eau potable reste limité.
Malgré les progrès observés, plusieurs facteurs de vulnérabilité continuent de favoriser la propagation du choléra, parmi lesquels le manque d’infrastructures d’assainissement, la consommation d’eau non traitée et la promiscuité dans les camps de réfugiés. Les organisations humanitaires plaident pour un renforcement des actions de prévention, notamment la désinfection des points d’eau, la sensibilisation communautaire et la distribution régulière de kits d’hygiène.
Si la tendance actuelle laisse entrevoir un contrôle progressif de l’épidémie, les autorités sanitaires appellent à la prudence et à la vigilance. Le ministère de la Santé publique et de la Prévention insiste sur la nécessité de maintenir les dispositifs de surveillance, en particulier dans les zones frontalières et les camps de réfugiés soudanais, où la mobilité des populations complique les efforts de riposte.

