Les députés du département de la Dodjé, dans la province du Logone Occidental, ont tenu un point de presse ce vendredi à Moundou, à leur retour d’une mission de terrain dans la sous-préfecture de Laoukassy, théâtre d’un conflit meurtrier dans la nuit du 8 au 9 octobre.
Réunis dans un hôtel de la capitale économique du Sud, Berambaye Nathan, Mbainaye Eugénie, Mbaimon Guedmbaye Brice et Kagmbaye Houlaibé Eugène ont dressé un tableau alarmant de la situation humanitaire. Selon eux, plusieurs villages ont été frappés par des violences intercommunautaires, entraînant la destruction des champs et la suspension des activités scolaires pour cette année.« Ce conflit aura de lourdes conséquences sur la population, car il n’y a pas de champs et l’école n’ouvrira pas cette année », a alerté le député Mbaimon Guedmbaye Brice. « Il faut que les autorités administratives et les personnes de bonne volonté viennent en aide de toute urgence à la population de Laoukassy, car même sur le plan sanitaire, il y a un véritable souci », a ajouté sa collègue Mbainaye Eugénie.
Les élus précisent n’avoir pu recueillir la version des éleveurs peulhs impliqués, ceux-ci ayant pris la fuite après les affrontements. Ils interpellent le Président de la République à s’investir personnellement pour ramener le calme et prévenir un bain de sang, soulignant que cette crise constitue selon eux « la suite logique » des tensions déjà enregistrées à Mandakao.
Pour les députés, seule une riposte ferme et un dialogue sincère permettra d’éviter l’embrasement de toute la région, et de protéger les populations vulnérables affectées par ces violences.
Dingaorané Stephane, Correspondant

