Les enseignants de la province du Mayo-Kebbi Ouest ont célébré, ce dimanche 5 octobre 2025 à Pala, la Journée mondiale des enseignants. L’événement a servi de tribune pour lancer un appel fort en faveur de l’amélioration de leurs conditions de travail et de vie, notamment celles des enseignants communautaires et des retraités. La cérémonie s’est déroulée en présence du Délégué général du gouvernement, Abdelmanane Khatab, ainsi que de nombreuses autorités locales et partenaires du secteur éducatif.
Placée sous le thème : « Ensemble pour les enseignants, ensemble pour demain », cette journée a rendu un hommage appuyé aux éducateurs, véritables artisans de l’avenir du pays. Selon Ladibé Ouathing, président du comité d’organisation, le choix de ce thème reflète les aspirations et les défis actuels des enseignants, tout en soulignant la nécessité d’une mobilisation collective pour renforcer le système éducatif dans la province.
Dans son discours, le Secrétaire général du Syndicat des enseignants du Tchad, section du Mayo-Kebbi Ouest, Gonzebe Wahadabe, a exhorté ses collègues à demeurer unis pour un plaidoyer plus efficace. Il a également insisté sur l’importance de la formation continue, condition indispensable pour garantir un enseignement de qualité à tous les élèves.

Prenant la parole, le Délégué général du gouvernement, Abdelmanane Khatab, a salué l’engagement des enseignants qu’il a qualifiés de « soldats de la lutte contre l’analphabétisme et l’ignorance ». Il a rappelé leur rôle de guides et de bâtisseurs de conscience, tout en appelant les autorités locales et les partenaires du secteur éducatif à renforcer le respect, le soutien et la valorisation de la profession enseignante dans la province.

La commémoration a également été marquée par des revendications concrètes. Deux messages forts se sont distingués sur les banderoles : « Simplifiez nos dossiers », en référence aux lenteurs administratives affectant les enseignants retraités dans le traitement de leurs droits, et « payez nos arriérés », un cri du cœur lancé par les enseignants communautaires, dont certains cumulent jusqu’à 30 mois de salaires impayés.
Cette célébration a ainsi mis en évidence le contraste entre la reconnaissance morale accordée aux enseignants et la réalité difficile qu’ils vivent au quotidien. Un rappel que l’éducation, pilier du développement, ne saurait prospérer sans la dignité et la considération de celles et ceux qui en sont les porteurs.
Oumarou Abba, Correspondant

