La paix, dit-on, n’a pas de prix. Après le dépôt d’armes du groupe Diffa Al Watan, deux autres groupes armés, longtemps actifs dans cette province du nord du Tchad, ont officiellement déposé les armes. Il s’agit du Mouvement d’Action pour la Démocratie et l’Alternance au Tchad (MADAT), conduit par Abakar Djimmi, et du Comité d’Autodéfense Yorogoi, dirigé par Mali Kebbir Guetti.
À 14 heures, l’instant solennel a rassemblé autorités et ex-combattants. Un moment sobre mais historique. À son arrivée, le Chef d’État-Major général des armées a reçu un chameau, symbole d’honneur et de respect. Puis est venu le temps fort : la remise des armes par les représentants des deux mouvements. Chacun a présenté ses armes de guerre, déposées devant les autorités militaires. Un geste simple, mais qui traduit une volonté claire : tourner la page des affrontements pour choisir la paix.
Les deux représentants ont salué cette démarche de réconciliation. « Rien ne vaut la paix », a répété, devant une foule attentive, le représentant du Comité d’Autodéfense Yorogoi, Mali Kebbir Guetti.Le président du Mouvement d’Action pour la Démocratie et l’Alternance au Tchad, Abakar Djimmi, a insisté sur l’importance du dialogue et exprimé son souhait de bâtir désormais une stabilité durable.
Les autorités, elles, ont tenu à encourager cet engagement. Le Délégué Général du Gouvernement auprès de la province du Tibesti, le Général Alifa Weddeye, a félicité les deux groupes pour leur décision, les appelant à protéger cette paix et à la faire grandir. Selon lui, ce geste doit ouvrir la voie à un avenir de sécurité et de développement pour toute la province.

Le CEMGA, le Général Abakar Abdelkerim Daoud, a exprimé sa satisfaction et vu dans cet acte un signe d’espoir pour l’ensemble du pays. Il a rendu hommage à la maturité et au sens des responsabilités des ex-combattants.
La cérémonie s’est conclue par une poignée de main collective, chaque membre étant salué un à un par les autorités. Dans le silence du désert, ce geste a pris toute sa dimension : celle d’un nouvel élan, d’un retour possible vers la confiance et la cohabitation pacifique.
Après Diffa Al Watan, le désarmement de ces deux groupes confirme une dynamique qui gagne du terrain au Tchad. Dans cette province marquée par des années de tensions, l’image des armes remises et des mains serrées restera comme un symbole fort. Une manière de rappeler que, même sous le soleil accablant du Tibesti, l’espérance peut prendre racine lorsque les hommes choisissent la paix.
Yohane Djimet Djibrine

