• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Violence conjugale : Quand les hommes souffrent en silence

Violence conjugale : Quand les hommes souffrent en silence

Lorsqu’on évoque la violence conjugale, l’image qui vient spontanément à l’esprit est celle d’une femme battue. Pourtant, dans l’ombre, de nombreux hommes subissent eux aussi des violences physiques, psychologiques et verbales de la part de leurs conjointes. Un sujet tabou, souvent tourné en dérision, mais qui mérite autant d’attention et de reconnaissance que toutes les autres formes de violence.

Souvent entourés de silence, de préjugés et de honte, ces hommes restent prisonniers d’un fardeau invisible. Entre peur du ridicule et absence de structures adaptées, beaucoup préfèrent se taire.

Ngarmadji Jonathan raconte son calvaire : « Ma femme m’a fait beaucoup de tort. Tous les jours, elle me créait des problèmes, surtout le soir quand je rentrais du travail. Elle m’attaquait comme si j’étais venu lui faire du mal. Les injures étaient quotidiennes, parfois elle ne me donnait même pas la nourriture qu’elle préparait. Je ne me suis jamais plaint à cause de mes enfants, mais un jour, j’étais à bout… et je lui ai laissé la maison. »

Reconnaître qu’un homme puisse être victime de coups, d’humiliations ou de harcèlement psychologique reste encore difficile dans nos sociétés.

Un passant, visiblement en colère, témoigne : « En tant qu’homme, ce n’est pas facile de raconter ce qui se passe à la maison. De nos jours, certaines femmes se cachent derrière les associations de droits des femmes, se proclament leaders et méprisent les hommes. »

Les conséquences, elles, sont bien réelles : perte de confiance en soi, isolement social, culpabilité permanente… autant de blessures invisibles qui détruisent à petit feu.

Alors que de nombreuses associations se mobilisent pour venir en aide aux femmes battues, rares sont celles qui ouvrent leurs portes aux hommes victimes. En se concentrant uniquement sur la faiblesse supposée de la femme et la quête d’égalité, on oublie qu’eux aussi ont besoin d’écoute, de protection et d’accompagnement juridique.

Le combat contre les violences conjugales ne doit pas se limiter au genre. Il doit devenir universel : un combat pour la dignité humaine. Briser ce silence passe par la déconstruction des clichés, la libération de la parole masculine et la mise en place de structures inclusives.

Reconnaître leur souffrance, c’est franchir un pas essentiel vers une société plus juste, plus équilibrée et plus humaine.

Soliri Charlotte