Le panier de la ménagère dans la province de l’Ennedi Est, en particulier dans la ville d’Amdjarass, se vide de jour en jour. Le coût des produits de première nécessité atteint un niveau alarmant, avec une flambée des prix qui fragilise les ménages.
Les denrées alimentaires connaissent une hausse vertigineuse. La viande, autrefois consommée régulièrement par de nombreuses familles, est désormais un luxe. « Avec 1 000 francs CFA, il est difficile, voire impossible, de préparer une sauce suffisante pour deux personnes », témoigne une habitante.
Le pain, considéré comme un aliment de base, est vendu à 250 francs CFA la baguette, un prix jugé excessif par la majorité des consommateurs. « Même si tu as un peu d’argent, tu ne peux plus rien acheter. Et quand tu veux te procurer de la viande ou du pain, tout est déjà fini avant 10 heures », se plaint une résidente.

Ce qui choque davantage, selon les habitants, c’est la rareté persistante de ces produits malgré l’arrivée quotidienne de camions transportant des vivres et des denrées de première nécessité. Une situation paradoxale qui soulève de nombreuses interrogations : pourquoi les prix ne baissent-ils pas malgré un approvisionnement régulier ?
Les commerçants évoquent d’autres causes
Du côté des commerçants, le constat est différent. Ils évoquent les coûts élevés du transport, la rareté de certains produits à l’amont de la chaîne d’approvisionnement, ainsi que l’absence de contrôle des prix à la source, qui empêche toute stabilisation au niveau local.
Un appel pressant aux autorités
Face à cette crise, les plaintes se multiplient. Les habitants appellent à une intervention urgente des autorités compétentes pour réguler les prix, assurer une distribution équitable et garantir l’accès aux produits de première nécessité. Au-delà des considérations économiques, cette flambée des prix menace la cohésion sociale. « À Amdjarass, la question n’est plus de savoir ce qu’on mange, mais si l’on peut encore manger », résume un habitant, soulignant l’urgence de la situation. Derrière cette crise silencieuse, c’est la vie quotidienne et la dignité des citoyens qui sont en jeu.
Abdoussamat Mahamat Djouma

