• 6 mars 2026
  • N'Djamena

N’Djamena : la pénurie de monnaie perturbe les transports en commun

N’Djamena : la pénurie de monnaie perturbe les transports en commun

À N’Djamena, comme dans de nombreuses villes de la sous-région, la rareté des pièces de monnaie devient un véritable casse-tête pour les usagers des transports en commun, en particulier les minibus et les taxis. Cette situation alimente frustrations, tensions et parfois même des conflits violents entre passagers et receveurs.

Il n’est pas rare qu’un client se voie refuser l’accès à un minibus faute de petite monnaie. Et lorsqu’il parvient à monter, l’absence de pièces crée régulièrement des litiges au moment de payer. « Parfois, même si tu n’as pas de monnaie, ils acceptent de te laisser monter. Mais à la descente, si tu leur tends un billet de 500 francs, ils prennent plus que le tarif normal », témoigne Sylviane, une passagère.

Une autre usagère, visiblement agacée, ajoute : « Les apprentis sont des voleurs ! Normalement, je devais payer 150 francs puisque je descends avant la fin du trajet. Mais comme j’ai donné un billet de 500, il m’a pris 250 francs au lieu de 200. Il doit rendre la monnaie correctement ! »

Côté conducteurs, la version est tout autre. « Le trajet complet entre Gassi et le Grand Marché coûte 250 francs. Mais pour ceux qui descendent en chemin, le prix varie entre 100, 150 ou 200 francs. Si le client tend un billet de 500, on prend parfois 50 francs de plus. S’il n’est pas d’accord, il n’a qu’à ne pas monter », explique un chauffeur. Ces désaccords, devenus fréquents, dégénèrent parfois en altercations, voire en violences graves.

Pourtant, en avril dernier, la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a mis en circulation une nouvelle gamme de pièces dans l’ensemble des six pays de la CEMAC, avec l’ambition de résorber la pénurie et de fluidifier les transactions. Mais sur le terrain, la réalité reste inchangée : les pièces demeurent rares. Deux interrogations persistent : Les quantités injectées sont-elles insuffisantes ? Ou bien ces pièces circulent-elles de manière inégale, concentrées dans certaines zones ou entre certaines catégories de personnes ? Face à cette problématique, les usagers appellent les autorités à prendre des mesures urgentes et concrètes afin de garantir une meilleure disponibilité de la monnaie et d’apaiser les tensions croissantes dans les transports en commun.

Soliri Charlotte

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *