Dans la ville de N’Djamena, la mendicité prend chaque jour davantage d’ampleur. Dans les marchés, aux abords des mosquées, aux carrefours ou devant les boutiques, les mendiants se multiplient, sollicitant la charité des passants. Ce phénomène, qui s’étend dans presque tous les quartiers de la capitale, est devenu une réalité visible et préoccupante pour la population.
Malgré les efforts du gouvernement, qui a procédé au rapatriement de certains mendiants vers leurs lieux d’origine, la situation reste inchangée. Quelques jours après ces opérations, de nouveaux groupes apparaissent, souvent composés de femmes, d’enfants et de personnes âgées. Pour beaucoup, la mendicité est devenue un moyen de subsistance, faute d’alternatives économiques.
Les conséquences sont nombreuses et touchent directement la vie à N’Djamena. Sur le plan social, la prolifération des mendiants renforce l’image d’une pauvreté persistante et alimente un sentiment d’abandon. Dans les lieux publics, cette présence permanente crée parfois des tensions avec les commerçants et les automobilistes. Les enfants, souvent exposés à cette pratique dès le bas âge, se retrouvent privés d’éducation et fragilisés face à l’avenir. À cela s’ajoutent des risques sanitaires liés au manque d’hygiène et à la précarité dans laquelle vivent ces populations marginalisées.
Face à cette situation, de nombreux citoyens estiment que les autorités doivent assumer pleinement leurs responsabilités. Les opérations de rapatriement, jugées ponctuelles et insuffisantes, ne sauraient constituer une solution durable. Les observateurs plaident pour une politique plus structurée, axée sur l’insertion sociale et économique des mendiants.
La mendicité à N’Djamena n’est pas seulement une question de visibilité urbaine, mais un véritable défi social et humain. Si rien n’est fait, le phénomène risque de s’enraciner davantage, compromettant la cohésion sociale et ternissant l’image de la capitale. L’État est donc appelé à agir et à apporter des réponses durables pour offrir à ces populations vulnérables une vie plus digne.
Yohane Djimet

