Considérée comme la plus petite des villes du Tchad, Moundou connaît du jour au lendemain une croissance exponentielle avec plus de 200 000 habitants, selon le récent recensement. Elle est aussi une cité régulièrement victime des effets des dérèglements climatiques, notamment les inondations. Ce qui fait osciller les prix des loyers selon les saisons.
D’après le constat de Djibrine Abakar, père de quatre enfants et locataire au quartier 15 ans 2, « certains bailleurs profitent des saisons de pluie pour surenchérir le prix des loyers, compte tenu de l’afflux massif des familles qui fuient les zones inondées vers les terrains exondés ». Il renchérit en disant que certains bailleurs sont calculateurs, car ils savent que, pendant la saison des pluies, les locataires n’ont pas d’autre choix que d’accepter leurs prix afin de mettre leurs familles à l’abri des maladies hydriques. Et comme il fallait s’y attendre, Dougsoum Oueina, âgé d’une quarantaine d’années et père de famille, a quitté, en début de semaine, le quartier Doumbeur 2 pour s’installer au quartier Guelkoura. Selon lui, « c’est vrai que les prix varient, mais tout repose sur le contrat de bail. Avant de louer, tout locataire doit prendre en compte ces éventualités, comme l’état du toit et la position du logement face aux inondations, pour éviter les mauvaises surprises en saison de pluie ». Toutefois, il reconnaît que le prix des chambres situées dans les quartiers exondés, et surtout en pleine ville, est légèrement plus élevé que celui des chambres dans les zones inondables et les quartiers périphériques.
Maoualdingam Sylvie est la gestionnaire de la concession de sa mère. Elle apprécie la question à sa manière : « C’est une question délicate, car cela dépend de chaque bailleur. Mais à mon humble avis, généralement, quand c’est une nouvelle maison, on peut la louer même à bas prix pendant la saison pluvieuse pour éviter qu’elle soit vide. La même maison peut revenir un peu plus chère en saison sèche. »

Mme Sylvie multiplie les raisons pour lesquelles le prix des loyers varie selon les saisons. Dans un commentaire sec et serein, elle fait comprendre qu’à Moundou, « le prix des loyers oscille selon l’emplacement de la maison. La même maison qui coûte 5 000 FCFA dans les zones inondées peut coûter 7 500 FCFA en pleine ville et 15 000 FCFA quand elle est au bord du goudron ».
L’augmentation du prix des loyers dans la ville de Moundou reste une triste réalité. « L’occasion fait le larron », et certains bailleurs profitent des saisons pluvieuses pour surenchérir sur les loyers. Un défi social qui interpelle chaque citoyen et mérite une attention particulière des gouvernants.
DINGAORANE Stéphane, Correspondant

